SHARE

Alors que le Tour de France et le mercato footballistique battent leur plein, l’actualité sportive est vampirisée par ces deux mastodontes médiatiques. Pourtant, de l’autre côté de l’Atlantique, se déroule une compétition continentale de football, la voisine de la Copa América : la Gold Cup.

Cette compétition est tout simplement l’équivalent d’un Euro ou d’une Copa América, mais pour la zone CONCACAF (Amérique du Nord, Centrale et Caraïbes). Elle a lieu tous les deux ans, très souvent voire tout le temps aux Etats-Unis. Petit changement cette année, deux matchs ont lieu au Canada, au BMO Field de Toronto. 12 équipes réparties sur trois groupes de quatre, qui se disputent le trophée dans 13 villes des Etats-Unis et Toronto (Canada). Les deux premiers de chaque groupe vont en quarts, accompagnés des deux meilleurs troisièmes. Après quelques jours de compétition, les premiers quarts de finales sont connus :

Etats-Unis – Salvador/Guatemala

Haiti – Jamaïque

Trinité-et-Tobago/Mexique – Panama

Trinité-et-Tobago/Mexique – Costa Rica

Pourquoi ça devrait nous intéresser ?

On y retrouve quand même les Etats-Unis et le Mexique (le vrai, pas l’équipe B de la Copa America), huitième de finaliste du dernier Mondial, ou le Costa Rica, quart de finaliste au Brésil l’année dernière. Les stades sont superbes. Soit ce sont des gigantesques arènes servant au football américain, soit des stades neufs servant aux équipes de MLS, et qui sont dans la logique du développement du “soccer” aux Etats-Unis.

Mais alors pourquoi ça n’intéresse pas ?

Parce que les Etats-Unis, le Mexique ou Costa Rica affrontent le Panama, Haiti, le Canada, Cuba et autres Jamaïque. Des équipes qui passent totalement inaperçu sur le plan du football mondial. La majorité des joueurs sont inconnus du grand public, et même de fans assidus de ballon rond. Seules des équipes comme la Guadeloupe (2007 et 2009) ou la Martinique (2013) ont donné une raison à certains de nos compatriotes de s’intéresser à la jeune compétition (la première édition date de 1991).

Et là-bas, ça marche ?

Au niveau populaire, c’est un carton ! Les stades sont pleins à craquer à chaque match (affluence moyenne de 33.000 spectateurs après 16 matchs). Notamment quand des équipes comme le Mexique jouent, les supporters sont souvent rajoutés aux locaux, mais originaire du pays en question (exemple : 62 000 spectateurs pour Mexique – Guatemala). Quant aux pays organisateurs, les Etats-Unis remplissent très facilement les stades de MLS (oscillant entre 20 et 25 000 places) et profitent toujours de l’énorme effet Mondiaux 2010 et 2014 sur leurs terres. Quant au Canada, équipe très impopulaire chez elle, elle jouera son seul match “à domicile” cette nuit. Au niveau du spectacle, cela reste mitigé. Hormis un 6-0 infligé par le Mexique à Cuba, les scores n’affolent pas les tableaux d’affichage. 1,94 but de moyenne. Comme dans La Cité de la Peur : “ce qui est bien, mais pas top“.

Un succès populaire qui devrait se poursuivre, puisque les équipes latinos et les Etats-Unis sont attendus pour jouer dans des stades aux capacités supérieures et aux enjeux beaucoup plus importants.  Tous les observateurs attendent un Etats-Unis-Mexique pour la finale. Même si la dernière édition nous a offert un Etats-Unis-Panama (victoire des Etats-Unis). La finale aura lieu le 26 juillet prochain à Philadelphie.

Samuel Sarfati