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Bygmalion, court rappel de l’affaire

Lors de la campagne de 2012, le parti Les Républicains a fait appel à la société d’événementiel Bygmalion pour organiser les différents meetings. L’Etat français fixe un seuil à ces dépenses et Nicolas Sarkozy ainsi que 13 autres membres du parti sont suspectés de financement illégal et de maquillage des comptes de campagne. Nicolas Sarkozy, signataire de ces derniers, assure n’avoir été au courant de rien.

Le parquet a requis ce lundi le renvoi devant un tribunal de Nicolas Sarkozy. Candidat à la primaire à droite, il est suspecté de financement illégal pour sa campagne de 2012…

Pourquoi ce reportage ?

Il convient plus de s’interroger quant aux motivations d’Elise Lucet et de son équipe de diffuser ce reportage pendant les primaires républicaines.

Moment fort pour le camp de droite, la seule diffusion du reportage devrait satisfaire l’équipe d’Envoyé Spécial. Prévue initialement depuis mai dernier, la diffusion de l’émission survenait en pleine primaire républicaine, et le directeur de l’information de France Télévisions, M. Field, avait demandé le report de l’émission. Cela n’a pas été au goût d’Elise Lucet et de l’équipe d’Envoyé Spécial qui ont décidé de médiatiser ce report.

Obtenant gain de cause pour une diffusion le 29 septembre, l’affaire semble clairement indiquer la volonté d’Elise Lucet d’influencer le bon déroulement des primaires de droite. Volonté personnelle de l’équipe ou pression externe pour nuire à l’image de Nicolas Sarkozy ?

Si la justice suit déjà son cours, ce dernier est toujours accusé, mais il n’est pas inculpé. Les attaques répétés de la justice à son encontre le pose déjà en victime du système judiciaire, ce qui pourrait renforcer la sympathie des Français à son égard.

Qu’il soit coupable ou non, un sentiment d’acharnement vis à vis de l’ancien chef de l’Etat  tant par la justice que certains médias se généralise.

Il faut bien sur diffuser ce sujet, mais le choix de la date de cette diffusion est important. Les primaires sont devenues un incontournable dans la vie politique française. Moment fort pour chaque parti, les sondages témoignent aujourd’hui d’une progression de Nicolas Sarkozy alors que la bataille s’annonce acharnée pour désigner le candidat républicain à la présidentielle.

L’extrait diffusé n’implique pas directement Nicolas Sarkozy

Mardi 7 septembre, France 2 diffusait un extrait du reportage, avec notamment une partie du témoignage de Franck Attal, ex directeur de Bygmalion. Frank Attal ne met pas directement en cause Nicolas Sarkozy. L’affaire date, et la justice suit son cours. A moins de révélations édifiantes ou d’une mise en cause de l’accusé, le reportage ne fera qu’influencer l’opinion publique sans apporter de nouvelles preuves ou pistes au dossier.

Un autre problème de calendrier survient. L’émission  pourrait être diffusée avant la décision des juges de renvoyer Nicolas Sarkozy et 13 autres personnes devant le tribunal correctionnel. Les juges ont jusqu’au 30 septembre pour annoncé leur décision, mais ils peuvent cependant dépasser le délai d’un mois prévu pour rendre leur verdict. L’émission influencera t’elle la décisions des juges ? Nul le sait.

Le reportage sera donc diffusé le 29 septembre sur France 2, après un bras de fer entre l’équipe d’Envoyé Spécial et M. Field. Soutenu par la directrice de France Televisions, Delphine Ernotte, Elise Lucet invite une fois de plus Nicolas Sarkozy à répondre à sa demande d’interview, en présence ou non de Franck Attal.

Si jamais Nicolas Sarkozy était inculpé, ce qui n’est encore jamais arrivé, tous ses démêlés avec la justice se finissant invariablement par des non-lieux,  il encourrait au maximum un an d’emprisonnement et 3 750 € d’amendes. On peut se demander au vu de la peine si la couverture médiatique exceptionnelle de cette affaire est justifiée.

Il est très peu probable que le procès surviennent avant l’élection présidentielle. S’il était élu président de la République, il bénéficierait de l’immunité présidentielle jusqu’en 2022.

Louis Troadec