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Ce jeudi 15 septembre 2016 avait lieu la première de la nouvelle émission politique de France 2. L’invité ? Nicolas Sarkozy. Eclairage.

La présidentielle approchant, France Télévision n’a pas voulu laisser TF1 prendre le dessus sur les débats d’idées politiques. “Vie Politique” pour la chaine privée, “L’Emission Politique” pour le service public. Le match de la présidentielle est bel et bien lancé entre les deux plus grandes chaines de télévision française.

L’avantage pour les habitués de France 2 c’est qu’ils n’ont pas été dépaysé. “Des Paroles et Des Actes” effectuait sa dernière en fin d’année dernière ? Pas sûr. L’Emission Politique est une copie conforme de l’ancienne émission. Et heureusement d’ailleurs. On ne perd pas en qualité d’information, les échanges sont toujours aussi virulents et les intervenants sont souvent bien choisis.

Ah non, nous allions oublier ! Léa Salamé faisait également sa rentrée dans sa nouvelle émission, présentée aux cotés de “l’ancien”, David Pujadas. Une interrogation féroce mais objective, une hargne propre à elle-même. Bref, nous avons retrouvé notre Léa Salamé que nous connaissons. A savoir, celle qui avait remporté le prix Philippe Caloni 2015 de la meilleure intervieweuse de l’année. Peu importe les commentaires et les piques lancés par Nicolas Sarkozy à la journaliste, elle a su garder son calme et n’a pas hésité à titiller l’ancien chef de l’Etat pour égayer le “duel de la soirée”.

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Islam, sécurité, migrants

Et Nicolas Sarkozy dans tout ça ? Et bien le candidat à la primaire des Républicains n’a pas changé. Amoureux de la France, pointilleux, showman, déterminé -parfois un peu trop-, Sarko maitrise à la perfection l’exercice. En revanche, les attaques et les leçons de morales données à Léa Salamé et David Pujadas ne passent pas. Dès qu’une question ne lui plait pas, il se braque et répond de façon véhémente aux journalistes. Un point qui ternit fortement sa prestation.

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Mais assez parlé de la forme, parlons désormais du contenu. Sur le plan purement politique et sur ses propositions pour la France nous en avons retenues cinq.

Que veut il faire par rapport aux individus fichés S ?

Il demande un principe de précaution, et veut que toute personne détenteur d’un fichier S soit mise en rétention administrative. « Je demande que toute personne qui est sur un fichier S fasse l’objet d’un contrôle sur dossier et que les quelques centaines de personnes qui présentent des critères de dangerosité pour leurs fréquentations, la consultation régulière de sites jihadistes, leur radicalité… fassent l’objet d’un examen approfondi et soient mises, en vertu du principe de précaution, en rétention administrative », a t-il commenté. Puis il a poursuivi : « A ce moment-là, il y a trois solutions. Soit il n’a rien fait et on le relâche, et éventuellement on lui présente nos excuses bien sûr […] ; soit ils sont en train de préparer, et les services spécialisés s’en rendent compte, un attentat, et dans ce cas-là c’est une procédure judiciaire ; soit ils sont en voie de grande radicalisation, et on les envoie dans un centre de déradicalisation ».
Enfin, l’ancien chef de l’Etat a indiqué qu’il voulait créer un parquet national antiterroriste. Se moquant par la même occasion du fait qu’il y’en ait un pour les infractions fiscales et pas pour le terrorisme.

Quelle est sa position sur le mariage pour tous ?

On se souvient d’un de ses discours en 2014 dans lequel il disait : «Si vous préférez abroger la loi [de madame Taubira, ndlr], ça ne coûte pas cher». Et bien Nicolas Sarkozy a changé de position : il ne compte plus revenir sur la loi. «C’est un sujet tellement personnel, c’est vrai. J’ai réfléchi, j’ai évolué, j’ai hésité ».
Néanmoins, il a précisé qu’il n’était pas pour la GPA, à la fois «pour les couples homosexuels, qu’hétérosexuels».

Que pense t-il de l’affaire Bygmalion ?

«Comme par hasard on fait ça pendant l’affaire Cahuzac». L’ancien chef de l’Etat n’est pas vraiment satisfait de cette affaire -pas étonnant- mais a ajouté avoir déjà été «lavé de toute accusation» dans ce dossier. L’ancien président a également indiqué que le juge d’instruction qui l’avait mis en examen l’avait fait pour un “délit formel”.

Que pense t-il du réchauffement climatique ?

Les propos de Nicolas Sarkozy de ce mercredi 14 septembre ne sont pas tombés dans l’oreille d’un sourd : «On a fait une conférence sur le climat. On parle beaucoup de dérèglement climatique, c’est très intéressant, mais ça fait 4,5 milliards d’années que le climat change. L’homme n’est pas le seul responsable de ce changement.»
Interrogé sur cette déclaration, il indique que le problème démographique est un problème “plus important” que le réchauffement climatique, expliquant que l’Afrique connait une croissance démographique sans précédent.

Quelle est sa position sur le plan économique ?

Selon Nicolas Sarkozy, la situation économique de la France «peut faire plonger l’Europe.» L’ex-chef de l’Etat a proposé de financer les baisses d’impôts par une réduction massive des dépenses : «Nous devons faire un effort considérable de 100 milliards d’euros de dépenses pour gagner des parts de croissance.» Autrement dit, sa position libérale est affirmée.

Valentin Demay