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Samedi 17 septembre 2016, le quartier du 1er arrondissement de paris a été le théâtre d’une intervention de police de grande ampleur. La raison de cette intervention ? Le Swatting. Eclairage.

Il est 15h39, ce samedi, quand la police reçoit un appel leur indiquant qu’une prise d’otage est en cours dans l’église Saint Leu du 1er arrondissement de Paris. La menace est sérieuse, un mouvement de panique se produit dans le quartier d’Etienne Marcel. Il n’en faut pas plus pour que les forces de l’ordre décident d’envoyer des renforts sur les lieux. BRI et Police sont ainsi déployés. Ils quadrillent la zone et le quartier est bouclé.

Selon le porte-parole du ministère de l’Intérieur, cité par le JDD, dimanche, les policiers de la BRI arrivent sur place “moins de vingt minutes” après l’appel téléphonique. Les portes de l’église Saint-Leu sont alors fermées, selon lui. “Pas question de prendre le moindre risque” dans ces conditions, argue-t-il.

Les passants se sont réfugiés dans les boutiques avoisinantes, les commerçants ferment leurs rideaux. Tous pensent qu’ils vont revivre un certain vendredi 13 novembre 2015.

Il est alors 16h14 quand les parisiens, abonnés à l’application SAIP (qui signale divers dangers dont les alertes attentats) reçoivent une notification sur leurs smartphones : PARIS 1ER ARRONDISSEMENT, ALERTE ATTENTAT.

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S’ensuivent alors des dizaines de minutes pendant lesquelles les informations manquent cruellement. Des rumeurs circulent sur les réseaux sociaux, indiquant qu’une fusillade a été entendue. La peur s’accroît. Jusqu’à ce communiqué de la préfecture de police de Paris :

Le Ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, confirme : “c’est bien une fausse alerte qui a entraîné l’intervention des forces de l’ordre cet après-midi dans une église de la rue Saint-Denis à Paris”.

En cause : le “Swatting”

Venu des Etats-Unis, le Swatting, qui tient son origine du nom des forces d’interventions américaines,le Swatt, consiste à appeler les forces de police, en signalant qu’une fusillade, une prise d’otage ou encore une alerte a la bombe est en cours quelque part. Sauf que ces indications sont fausses. C’est une réalité, un canular téléphonique.

Cette pratique cible essentiellement les stars américaines telles que Justin Bieber ou encore Lil Wayne. La police de Miami Beach et le SWAT sont intervenus après un appel signalant des tirs chez lui et quatre personnes touchées. Des dizaines de policiers surarmés ont encerclé la maison. Mais, trois heures plus tard, la police tweetait : “Malheureusement, il semble que ce soit un ‘swatting’. Pas de victime/pas de blessé/personne”.

Sauf que cette pratique, peu intelligente, commence a débarquer en France. En mars 2015, c’est la chroniqueuse de Touche Pas A Mon Poste, Enora Malagré qui en a été victime. Un homme, s’était fait passer pour son compagnon et indiquait l’avoir poignardé. Fort heureusement, l’information était fausse ; mais la pratique commençe sérieusement à se développer en France. Et la fausse alerte attentat de ce samedi 17 septembre 2016 en est l’exemple le plus criant à l’heure actuelle.

Cette fois ci, c’est deux adolescents de 16 et 17 ans qui sont à l’origine de cette intervention des services de police de grande ampleur. Contactés par L’Obs, les deux jeunes hommes ont indiqué vouloir “faire le buzz”. Un buzz qui peut leur couter jusqu’à deux ans de prison et 30000 € d’amende ! Mais les deux petits plaisantins ne sont pas inquiets ! Ils affirment ne pas avoir peur de la police, car ils utilisent “des serveurs cryptés” :” On n’est pas traçable”.

Néanmoins, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour “dénonciation crimes imaginaires” et “divulgation de fausses informations afin de faire croire à une destruction dangereuse”.

Valentin Demay