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Après cinq années de retraite anticipée, Maurizio Cattelan revient sur le devant de la scène artistique avec son exposition “Not Afraid Of Love”. Jusqu’au 8 janvier prochain, et à la façon d’une exposition posthume, l’artiste italien rassemble ses oeuvres des plus emblématiques à la Monnaie de Paris.

Ce sont près de 18 de ses créations qui y sont présentées. Ses oeuvres, à l’envergure autobiographique, proposent une lecture inédite des quelques trente années de sa carrière, ou du moins celle de son double.

La première salle, comme un avant-goût de l’exposition, interpelle d’emblée le visiteur ; mêlant ainsi les codes et la dureté d’un esthétique religieux. “La Nora Ora”, l’un des travails les plus célèbres de Cattelan met en scène le Pape Jean-paul II accablé par une météorite. La statue, faite de cire, est d’abord provocante. Elle se veut également salutaire pour le représentant religieux. Comme une référence à la mort du Christ, la météorite représente les péchés du monde que doit porter Jean Paul II sur ses épaules. Il endosse ainsi le rôle de protecteur de l’humanité.

Ses oeuvres, de part un réalisme déconcertant, racontent la réalité de Maurizio. Avec “All”, Maurizio trompe le spectateur et s’amuse sur la mort et son mystère. Un ensemble de neufs sculptures de roches est ainsi recouvert par supposition de draps mortuaires. “All” surprend en premier lieu par son surréalisme ; les draps à l’inverse d’être en tissus, sont sculptés dans la même roche du reste de l’oeuvre. La capacité à reproduire la fluidité du tissu dans cette pierre accorde à cette oeuvre une beauté paradoxale. Le fait que Maurizio ne dévoile pas explicitement ce qu’il pourrait se trouver en dessous de ces voiles est intéressant car il laisse aux spectateurs la liberté de suggérer et d’imaginer. D’après lui, il serait “plus intéressant de suggérer l’idée de la mort que de la montrer”.

Inadapté dès son plus jeune âge au système éducatif et au monde du travail, Maurizio tente d’échapper à cette société qui ne lui convient pas. Sa confortable position d’outsider lui permet de critiquer, d’observer et de commenter ce monde à travers son art. Ses sculptures jouent sur la provocation et sont de véritables chocs visuels qui interrogent le spectateur. Avec “Charlie Don’t Surf”, Maurizio fait échos aux traumatismes de son enfance et au système éducatif qu’il apparent à un apprentissage de l’échec. La sculpture représent Maurizio en tant que petit garçon, face à la fenêtre, dos à la pièce vide et aux spectateursDe part cette mise en scène, le petit parait terriblement seul. Lorsque le visiteur se rapproche de lui, il peut remarquer que chacune de ses mains ont été transpercé et cloué à la table par un crayon, telle une crucifixion scolaire.

L’absurde, l’ironie et l’humour sont les armes avec lesquelles Maurizio communique sur le monde qui nous entoure. Ainsi, ces moyens lui permettent de dépasser l’obstacle de la timidité en abordant des thèmes importants qui n’auraient pas été pris en considération si il les avait exprimé littéralement.


Quelques informations à propos de l’exposition :

  • Exposition du 22 octobre au dimanche 8 janvier 
  • Ouvert tous les jours de 11h00 à 19h00
  • Art Contemporain
  • De 8 à 12 euros la place
  • 11 Quai de Conti, 75006, Paris, France

Thibault Hadziavdic