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Les sacro-saints vœux de début d’année sont loin de faire l’unanimité. Tradition, corvée ou passage obligé : peut-on vraiment y échapper ?

Lors des toutes dernières heures de 2016, nous nous sommes jurés haut (mais pas très fort) de ne pas tomber dans le panneau une fois encore. « Cette année, c’est promis, pas de vœux, je tiendrai ma ligne de conduite ! » Et puis…

« C’est débile, ça sert à rien, c’est pas sincère »

…Et puis il y a eu le premier écart. Une petite erreur d’inattention tellement anodine qu’on l’a prise pour une simple marque de politesse. Quand la voisine claironne, tout sourire, son « Bonne année, bonne santé » le 2 janvier au matin… On lui dit quoi à cette charmante dame ? « Désolé(e) Marguerite, je n’aime pas les vœux, je ne te souhaite donc rien. Je m’en fiche de ce qui t’arrivera cette année, mais moi j’ai le courage de le dire, nananère .» Pas terrible pour débuter l’année dans la sérénité ; surtout si votre interlocutrice/teur n’a pas votre souplesse vis-à-vis des traditions.

Alors on capitule, sobrement, discrètement en articulant du bout des lèvres un petit « pareillement » ou l’invraisemblable « mais moi aussi je vous souhaite le meilleur ». Le meilleur de quoi ? On sait pas, mais ça fait poli, c’est ce qui compte.

L’autre grand dilemme arrivera par texto. Pour ceux reçus au cours de la nuit fatidique à 0H01 ou 23H58, on a tenu le coup. C’était facile. Pas de réponse ou extinction du téléphone et suppression globale à l’heure du réveil (quelques heures ou quelques jours plus tard selon les cas). Mais…

…Le petit message vicieux arrivera de façon insidieuse, courant janvier

Ici pas de tonitruant « Bonne année » mais quelques nouvelles, une once d’infos sympathiques et puis, en guise de signature, l’élégant  « je te souhaite une très belle et heureuse année 2017». Que faire ? Ignorer complètement cette missive moderne ? Répondre à moitié ? Recentrer le débat ? La plupart du temps on fait un peut tout ça à la fois. On répond, mais avec 48H de retard, de façon laconique tout en donnant à notre tour quelques nouvelles sympathiques. L’honneur est sauf mais le moral en prend un coup

Les vœux…pour les vieux ?

C’est à ce moment-là que la situation peut vite dégénérer. On finit par se dire, que finalement, les vœux c’est pas que pour les vieux. On fait comme tout le monde, on finit par les souhaiter, « ça permet de maintenir le contact ». Et nous aussi sous couvert « de prendre des nouvelles » on en arrive à envoyer nos niaiseries de «  grandes réussites ». Voilà, ça y est, on a craqué, mais promis c’est la dernière année ! Non mais !

Magali Menin