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2 semaines. 14 jours. Autant de temps qui aura suffit à la droite pour imploser. La raison ? Le scandale d’une femme d’ancien Premier Ministre qui n’aurait pas déclaré avoir travaillé pour son mari pendant plus de dix ans.

Problématique quand cet ancien résident de l’Hotel Matignon postule aujourd’hui au Palais de l’Elysée. Problématique quand en plus ce même homme déclarait en 2012  sur Twitter: « ll y a injustice sociale entre ceux qui travaillent dur pour peu et ceux qui ne travaillent pas et reçoivent de l’argent public ». Problématique quand en plus on parle d’une somme mirobolante de 900.000 euros d’origine publique. Mais surtout problématique quand la femme de ce même candidat déclarait en 2007 au Sunday Telegraph : «  Je n’ai jamais été l’assistante de mon mari ». La supercherie est un peu grande…

Qui aurait pensé qu’un homme conservateur, pour qui il faut rétablir le contrôle aux frontières soit mis aux abois par sa femme, qui d’autant plus est d’origine Galloise ? Même les plus fins scénaristes d’Hollywood n’y auraient pas songé. Les flots de la scène politique se déversent sur le bateau Fillon et ce dernier ne possède pas de capitaine capable d’écoper… Pour corser un peu l’affaire, l’homme qui était en novembre dernier le successeur désigné de François Hollande se voit aujourd’hui critiqué par 70% des français, qui souhaitent que ce dernier se retire tout simplement de la course à l’Elysée. Se pose alors une seule question : « Que peut bien faire le capitaine François Fillon pour sortir de ce coup de tabac ? »

« Pour bien mentir, il faut beaucoup de sincérité » disait Jean Giono dans « La femme du boulanger ». Le problème c’est que François Fillon et sa femme ne savent pas mentir. Ou du moins ne montrent pas assez de sincérité. Leur défense est bancale, un peu comme un équilibriste qui n’aurait pas de barre stabilisatrice. Alors pour sauver son navire, l’ancien homme de main de Nicolas Sarkozy doit avant tout faire preuve de sincérité. Arrêtons les dénonciations de « coup d’Etat institutionnel », qui ne tiennent pas la route quand on sait que l’homme visé ne se présente même pas à sa réélection. Arrêtons de jouer les victimes et assumons les fautes. « Faute avoué à moitié pardonnée » dit le proverbe et François Fillon ferait bien se s’y tenir s’il ne veut pas s’échouer…

Valentin Demay