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Un communiqué de presse laconique, une arrivée au salon de l’agriculture reportée, puis des immenses spéculations de la part des journalistes pour finalement aboutir à une phrase « je ne retirerai pas ma candidature, […] c’est au peuple français et à lui seul que j’en appelle désormais ». C’est de cette façon que François Fillon à annoncé hier sa convocation devant la justice dans deux semaines. La raison ? Tous les français la connaissent désormais. Les emplois fictifs de sa femme et de ses deux enfants, qui auraient rapporté à la famille Fillon plus de 900.000 euros d’argent publique.

L’ancien Premier Ministre, qui connait une campagne catastrophique depuis son investiture par les Républicains, est désormais sous la menace d’une mise en examen. Cela ne l’empêche pas d’être candidat me direz-vous. Mais rappelez-vous ce qu’il disait en aout dernier : « Qui imagine le général de Gaulle mis en examen? Être gaulliste, c’est une conception du pouvoir, et singulièrement de la fonction présidentielle, avant d’ajouter, le président de la République ne devrait pas être un Président de faits divers ». Faire la morale c’est bien, la respecter c’est mieux. « Observez-vous dans vos paroles et dans vos actions, cette attention vous fera éviter bien des fautes. », disait le philosophe grec Isocrate. Dommage que François Fillon ne connaissait pas cette maxime…

Alors oui, les principaux cadres des Républicains ont réaffirmé leur soutien à leur candidat, le confortant dans l’idée de se maintenir. Mais la mutinerie commence à pointer le bout de son nez. En commençant par Bruno Le Maire, son responsable des affaires étrangères, qui a rapidement quitté le navire, tout comme Catherine Vautrin la vice présidente LR à l’Assemblée Nationale. Et pour corser le tout, c’est au tour de l’UDI de « suspendre sa participation à la campagne »… Autrement dit, ça sent le roussi !

La droite est en train de s’auto-suicider dans une élection présidentielle qui lui était pourtant destinée, mettant en cause l’institution judiciaire, et en ne prenant pas ses responsabilités. Faut-il changer de candidat tant qu’elle le peut encore ? La question est légitime. Ce qui est sûr en revanche, c’est que pendant ce temps un certain marcheur doit se frotter les mains.

Valentin Demay