Game: l’exposition inter-générationnelle

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Une file d’attente composée de trentenaires devant une Game Boy géante afin de pouvoir rejouer l’un des plus cultes des jeux vidéos, Tetris. Des grands-parents qui regardent leurs petits-enfants jouer au premier jeu vidéo Pong. Ce n’est qu’à l’exposition Game se tenant à la fondation EDF que l’on peut voir de telles scènes. Dans ces murs, on assiste à un véritable choc générationnel entre les quarantenaires et les adolescents, entre les générations du Baby Boom et celles des années 2000.

Devant la version arcade de PacMan, Lionel, 42 ans, explique à son fils de 10 ans comment jouer. Pour lui, c’est ce jeu qui a marqué le début de son histoire de gamer. « Quand j’étais petit, c’était mon père qui m’emmenait dans une salle d’arcade et c’est le premier jeu auquel j’ai joué, se remémore-t-il. Et maintenant, c’est à mon tour de faire découvrir PacMan à mon fils ». De la salle d’arcade jusqu’au PC, Lionel a assisté à la bataille entre les géants Nintendo et Sega. « À l’époque, des nouvelles consoles sortaient chaque année, explique-t-il en regardant le mur tapissé d’anciennes publicités. J’ai d’ailleurs d’abord eu une Megadrive, produite par SEGA, puis une SuperNintendo. »
Aujourd’hui, Lionel joue surtout à des jeux en ligne comme League of Legends ou World of Warcraft sur PC. « J’aime bien le fait d’être vraiment en contact avec des partenaires ou des adversaires de jeu sur PC. Il y a une réelle proximité » justifie-t-il. Même s’il a quelque peu délaissé les consoles de salon, Lionel ne refuse jamais une partie de FIFA avec son fils de temps à autre.

L’évolution de la célèbre franchise d’EA Sports est d’ailleurs mise à l’honneur à la fondation EDF. Dès l’entrée de l’exposition, les éditions 1997, 2009 et 2017 sont jouables sur des consoles d’époque. Pour Sébastien et Cédric, deux frères respectivement âgés de 37 et 32 ans, c’est un véritable retour à leur adolescence qui leur est proposé. « Quand nous étions ados, nous nous étions cotisés et avons acheté une PS1 avec FIFA 1997 » raconte l’aîné avant que son cadet ne complète : « Cela doit faire une quinzaine d’année que nous n’y avons pas joué ». Pourtant, les deux frères continuent de se retrouver occasionnellement pour une petite partie. « Cela nous arrive de nous réserver une soirée avec deux ou trois amis et on organise un petit tournoi, reconnaît Sébastien. On est toujours resté fidèle à ce jeu et on a assisté à son évolution au fur et à mesure des années. Bien sûr, les consoles sont devenues plus performantes, mais les graphismes ont tout autant été améliorés ».

La réalité augmentée divise

Dans le sous-sol, un stand de réalité virtuelle est mis en place pour proposer aux visiteurs ce qui est considéré comme l’avenir du jeu vidéo. Une expérience immersive sans précédent qui révolutionnerait la manière de consommer un jeu vidéo. Pour Nicolas, dont le premier jeu marquant a été Tetris, même si cette nouvelle technologie semble un peu trop futuriste et trop « survendue ». « J’ai l’impression qu’on en a toujours besoin de plus pour atteindre la meilleure expérience possible, se désole-t-il. Avant, on n’avait pas besoin de se sentir à ce point au cœur de l’action. Que l’on joue à Zelda sur une GameBoy Color ou sur la dernière Nintendo Switch, la sensation de faire partie du jeu et de l’histoire reste la même. ». Un autre aspect de la réalité virtuelle ne lui plaisant pas : la perte du plaisir de jouer entre amis. « Pour se faire une soirée jeu vidéo avec la réalité virtuelle, il faut avoir plusieurs casques et de la place dans son salon » prévient-il. “Peut-être suis-je trop vieux jeu… Les jeux vidéos parlent à toutes les générations, mais je pense que la réalité virtuelle les dépasserait toutes”.

Aux yeux de Laetitia, plus jeune que Nicolas, ces prouesses techniques permettront de changer la manière de jouer. « La sensation de contrôle que cela procure va plus loin que tout ce qui a été atteint, justifie-t-elle. On ne contrôle plus le jeu avec une manette, nos mouvements et nos déplacements sont retranscris à l’écran : on incarne réellement le protagoniste ». Après avoir survolé Paris sans bouger du sous-sol de la fondation, la jeune femme compte bien réessayer la réalité virtuelle. Elle a jusqu’en août 2017 pour profiter du stand à la fondation EDF.

Pierre MORIN