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Et si les visites touristiques n’étaient pas faites que par des spécialistes? C’est ce que propose la plateforme MYLOPY (Meet Your Local People), une start-up franco-coréenne lancée il y a deux mois. Quelque soit votre métier ou votre tranche d’âge, vous avez la possibilité de vous glisser dans la peau d’un  guide touristique pour faire visiter votre quartier à des visiteurs français ou étrangers, coréen ou japonais dans un premier temps.

Le principe est simple: vous soumettez au site une proposition de visite, de balade ou une activité dans un quartier de Paris à partager avec les visiteurs. L’objectif ici est de transmettre, de partager la culture parisienne. Ces activités peuvent être diverses et variées: elles peuvent aller du shopping à un apéro dans un bar ou chez soi en passant par le sport (pétanque, football, basket). Par exemple, les parcours gastronomiques, cours de cuisine et autres dégustations sont les idées les plus proposées par des Lopys.

Pour devenir Lopy, il vous suffit de vous inscrire sur le site Internet de MYLOPY ainsi que de fournir un CV et un projet de visite. Les visites varient en moyenne entre deux et trois heures. C’est également vous qui déterminez vos jours de visite, avec la possibilité de les changer comme bon vous semble. Lors de la soumission d’un projet de visite, vous fixez vous-même votre tarif, qui sera ensuite validé, revu à la baisse ou à la hausse par l’équipe de MYLOPY.

Une volonté de rapprocher les gens

“Ce qui importe, ce n’est pas le voyage, c’est celui avec lequel on voyage”. C’est ce qu’écrit Jean-Luc Gendry dans son livre “Ne m’embrassez pas, ce serait trop grave”. Lorsque l’on visite un nouveau pays, on ne connaît que rarement des habitants capables de nous faire découvrir la culture et la manière de vivre propre à leur pays. C’est ce qui nous fait passer clairement pour des touristes, des gens venus découvrir un nouveau pays tout en gardant ses propres habitudes. Pour Jeremie Changho Chung, cofondateur de MYLOPY, les voyages sont de plus en plus à la mode, mais ne révèlent que les attraits touristiques d’une ville et non ce qui en fait son âme. “Quand je voyage, je veux découvrir  la culture, l’originalité des habitants, mais souvent, on privilégie les grands monuments, explique-t-il. Par exemple, les touristes coréens ne visitent que la surface de Paris, sans vraiment visiter son essence, c’est-à-dire les quartiers où la culture parisienne resurgit”.

Le plus important pour Jérémie, c’est de créer une proximité entre les habitants et les visiteurs. “Aller faire les boutiques, faire des dégustations oenologiques, découvrir un sport et autres, cela fait partager des moments entre des personnes de culture différente. Le but est aussi de créer une sorte de réseau mondial: des visiteurs satisfaits de leur Lopy pourront garder contact avec lui et qui sait, à l’avenir, l’accueillir chez eux lors d’un voyage!” justifie-t-il.

Pour l’instant, le site MYLOPY propose surtout des visites à Paris, même s’il est également possible de devenir LOPY dans des villes telles que Marseille, Lyon ou encore Bordeaux. Le site n’a été lancé que très récemment et dans les locaux de MYLOPY, on attend l’été afin de vérifier la véritable portée de MYLOPY. Pour l’instant, la campagne de marketing a surtout été développée au Japon et en Corée. Mais MYLOPY a également d’autres projets, comme celui de généraliser le concept dans l’ensemble de la France. “Nous aimerions beaucoup développer cette idée dans les petits villages notamment, là où les touristes se rendent peu alors que c’est là surtout que réside la culture française” expose Jérémie. La start-up va profiter de ce premier été pour aussi développer MYLOPY à Séoul pour les visiteurs français.

Pierre MORIN