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Le café, le lieu par excellence pour se retrouver et se parler. Pourtant chez nous amis anglo-saxons les cafés ont parfois tendance à plus ressembler à des bureaux qu’à des lieux de rencontres. Pour remédier à ça, certains cafés ont décidé de bannir le Wi-fi.

Éloigner internet pour rapprocher les gens

Ah les cafés, ce lieu où l’on retrouve ses amis pour discuter de sport, politique, des nouvelles dans la vie. En Europe, c’est le cas du moins. Par contre pour les pays anglo-saxons les choses sont légèrement différentes. Là bas, on ne voit que des ordinateurs partout, des gens travaillent ou surfent sur le net sans se préoccuper des personnes autour, même celles qui les accompagnent et qui se trouve en face d’eux. Pour lutter contre ce fléau du 21e siècle, certains patrons de café ont pris la décision de supprimer le Wi-Fi pour forcer les gens à se parler de nouveau. La BBC a rencontré le patron du café le Kibbitznest à Chicago qui a débranché son Wi-Fi pour encourager les “conversation en face à face”. De son côté le New-York Times a rencontré le gérant du café le Hotblack Cofee à Toronto et il défend son choix « Il s’agit de créer une atmosphère de sociabilitéNous sommes moteurs d’interaction, et pas simplement un service de distribution de café. ». Les professionnels ont également d’autres méthodes comme faire des tables plus étroites pour qu’on ne puisse pas y poser d’ordinateur ou encore des tables avec le label “laptop free” (ordinateur portable interdits).

Pourtant certaines chaînes ne veulent pas renoncer au Wi-Fi gratuit de peur de faire fuir les clients comme c’est le cas de l’enseigne Starbucks. Un spécialiste de l’école hôtelière de l’université de Cornell, souligne que supprimer le Wi-Fi rend le lieu moins attrayant et peut potentiellement faire fuir la clientèle. Ils développent des attentes par rapports à leurs cafés qui sont liées à leurs habitudes et souhaitent trouver du Wi-Fi partout quand ils le veulent ou en ont besoin, spécialement dans un café.

La technologie nous pique notre vie sociale

Le but de ces gérants peut sembler futile mais le café est un lieu de création de liens qui est essentiel à la vie sociale. La BBC nous rappelle qu’en 1989, un sociologue américains Ray Oldenburg avait trouvé l’expression “tiers-lieu” (dans son ouvrage “The great, good place”) qui signifie un lieu qui n’est ni notre maison ni notre lieu de travail. Il écrit également que “privés de ces endroits, les gens sont seuls au sein de leurs groupes”, l’auteur constatait déjà une baisse de ces lieux aux Etats-Unis.

La technologie joue un rôle majeur dans notre socialisation aujourd’hui. Contrairement à ce qu’on pense, la technologie et internet nous enlève certains rapport sociaux qui sont précieux pour notre épanouissement personnel. Les cafés étaient des lieux qui privilégiaient les rencontres et ne sont plus aujourd’hui que des lieux de travail improvisés. Le but de ces gérants ? Retrouver l’ambiance des cafés avant l’arrivée du Wi-Fi, voir les gens discuter, échanger à propos de tout et surtout ne plus se retrouver avec une pièce où l’on entend que le bruit de la machine à café et du bruit des touches de claviers d’ordinateurs.

L’idée de ces gérants, bien qu’encore peu répandu commence à donner envie à certains gérants de cafés de s’y mettre à leur tour pour tenter l’expérience d’un café sans internet pour rapprocher les gens.

Manon Anger