Yémen: état d’urgence face au choléra

Yémen: état d’urgence face au choléra

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Les services de santé sont surpassés par l'afflux de malades et de cas suspects du choléra. ©Mohammed HUWAIS / AFP

Les rebelles yéménites ont déclaré l’état d’urgence face à une épidémie de choléra ce lundi 15 mai. Un premier bilan a été dressé: 115 morts entre le 27 avril et le 13 mai. 

 À Sanaa, la capitale du Yémen, les rebelles chiites ont lancé de nombreux appels au secours à la communauté internationale face à la multiplication de cas de choléra dans l’enceinte de la ville. Le “ministère” de la santé de l’administration des Houthis a déclaré que le système de santé de la ville est “incapable de contenir cette catastrophe”.

Leurs efforts ont toutefois été vains pour limiter l’épidémie à la ville de Sanaa, puisque dimanche 14 mai, le Comité International de la Croix Rouge (CICR) a fait état de 115 morts en deux semaines dans les 14 provinces du Yémen. 8500 cas suspects ont été recensés également.

Des moyens sanitaires insuffisants

Depuis 2014, la guerre civile qui sévit dans le pays le plus pauvre de la péninsule arabique a détruit la plupart des infrastructures de santé. Le directeur de l’hôpital Sabyne de Sanaa a indiqué à l’AFP que près de 200 personnes avec des symptômes du choléra s’y présentaient chaque jour. “On a mis quatre patients par lit, installé des lits dans des tentes et sous les arbres du jardin” a-t-il décrit.

Une guerre dévastatrice

Les opposants aux Houthis accusent les rebelles de dramatiser la situation afin d’obtenir la levée de l’embargo aérien mis en place par l’Arabie Saoudite à Sanaa. Ils invoquent la menace d’une attaque sur le port d’Hodeida, principal point d’entrée des importations yéménites. La coalition arabe anti-rebelle a d’ailleurs annoncé son intention de prendre le port d’Hodeida, en affirmant qu’il est un point de passage d’armes iraniennes pour les rebelles Houthis.

Des organismes de l’ONU ont prévenu que des opérations contre le port d’Hodeida auraient un impact ravageur sur le pays. La crise humanitaire est déjà très importante: selon l’ONU, deux tiers de la population (soit 19 millions de personnes) ont besoin d’une aide humanitaire et sont en situation d’insécurité alimentaire. Selon l’OMS, les combats ont fait plus de 8,000 morts et près de 45,000 blessés depuis mars 2015.

Pierre MORIN