Allergie au soleil : le cauchemar de l’été

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Bientôt l’été, bientôt la chaleur et les retrouvailles tant attendues avec notre ami le soleil.  Pour certaine c’est synonyme de « prélassage sur la plage avec option obtention teint halé », pour d’autres c’est plutôt « mission j’évite le soleil sinon je me retrouve pleine de boutons rouges qui grattent » aussi appelée « mission impossible ». Alors oui il faut le savoir, on n’a pas toutes la chance de pouvoir s’installer sur sa serviette de plage toute la journée, on n’a pas toutes la chance de pouvoir simplement bronzer. Quand l’allergie au soleil débarque dans ta vie, le parasol que tu as toujours délaissé devient bizarrement ton meilleur ami. Le problème, c’est qu’il existe plusieurs types de lucites et que certaines sont irrémédiables. 

La lucite estivale bénigne

On peut dire que c’est celle qui craint le moins. C’est une réaction allergique aux UV, elle concerne 10 à 20 % de la population, en particulier les femmes âgées de 15 à 35 ans. Dans les douze heures qui suivent chaque exposition au soleil, décolleté et avant-bras se couvrent de petits boutons rouges qui démangent mais cette allergie épargne le visage. Cette réaction solaire peut se reproduire plusieurs années puis disparaître brusquement donc avec un peu de chance, l’année d’après on peut oublier le parasol (mais pas la crème solaire, on ne le répétera jamais assez)

L’urticaire solaire

Là, ça se complique un peu. L’urticaire solaire survient dans les premières minutes après une exposition au soleil et disparaît rapidement après s’être mis à l’ombre. L’urticaire solaire touche principalement les femmes âgées de 20 à 40 ans. L’urticaire solaire apparaît entre quelques secondes et quelques minutes après une exposition au soleil, et disparaît spontanément à l’ombre en quelques heures. L’éruption de la peau provoque des plaques surélevées ressemblant à des piqûres d’orties. L’urticaire solaire peut récidiver pendant plusieurs années. Il peut parfois provoquer des manifestations très invalidantes empêchant toute sortie à l’extérieur, donc ce n’est pas la folie-folie de passer ses vacances dans sa chambre d’hôtel. (je suis pessimiste, vous l’aurez compris)

La lucite polymorphe

Alors là, c’est la crème de la crème. La lucite polymorphe touche les femmes mais également les hommes (désolé les gars!). Elle survient lorsque les premiers rayons du soleil apparaissent. Même un temps nuageux peut provoquer une éruption. Il suffit de moins de 30 minutes ou quelques heures pour provoquer une éruption qui n’apparaît que environ 12 heures après l’exposition. La lucite polymorphe touche le décolleté et les bras mais également le visage, le dos des mains et derrière les oreilles, enfin la totale quoi. Elle disparaît lorsque la personne atteinte se met à l’ombre mais elle réapparaît à chaque nouvelle exposition et à tendance à s’aggraver d’année en année. Youpy !

 

Les solutions :

Miser tout sur la prévention !

La protection solaire est le principal traitement pour se protéger du soleil. Les écrans solaires sur le marché sont très efficaces contre les rayons du soleil (UVA et UVB). Un écran maximal (très forte protection ou SPF 50+) est généralement recommandé. Il est en général indispensable de renouveler l’application régulièrement (au moins trois fois par jour) et après chaque baignade. Le port de chapeau à large bord, de vêtements couvrants et de lunettes de soleil est aussi recommandé, mais là c’est tout de suite moins glamour.

L’acide para amino-Benzoïque est parfois utilisé avec de bons résultats pour la prévention de la lucite estivale bénigne. Le dermatologue prescrit le Pabasun® à la dose de 4 à 6 cp/j (1 comprimé à 500 mg/10 kg de poids), en trois prises pendant des repas. Le traitement sera débuté 15 jours avant le début de l’exposition solaire et poursuivie durant celle-ci.

Les ultraviolets, c’est la bonne nouvelle ! La photothérapie est le traitement préventif qui donne les meilleurs résultats, son efficacité est excellente dans la plupart des cas. Des cures de photothérapie en cabine peuvent être recommandées par le dermatologue pour « préparer la peau au soleil ». Les séances de photothérapie permettent de délivrer des doses croissantes de rayons ultraviolets, qui entraînent une tolérance progressive de la peau au soleil.

Les caroténoïdes sont des photoprotecteurs reconnus. Des caroténoïdes sont présents dans des compléments alimentaires associés à d’autres agents comme vitamine E, vitamine C, sélénium, les huiles de poisson etc. (Photoderm oral®, Oenobiol solaire®, Oxelio®, etc.). Manger au maximum des aliments contenants ces vitamines.

Que prendre en cas d’éruption ?

Les crèmes à la cortisone permettent de soulager les démangeaisons et de diminuer l’intensité de l’éruption. Elles peuvent être prescrites par le dermatologue pendant quelques jours.

Les antihistaminiques (Zyrtec, Aerius, Xyzall, Kestin…) diminuent l’intensité des démangeaisons au cours des lucites bénignes et de l’urticaire solaire.

Si le soleil est votre ami aujourd’hui, il peut très vite devenir votre pire ennemi. Alors n’oubliez pas de bien protéger votre peau et de vous exposer aux heures recommandées, afin d’éviter au maximum à ses allergies de s’immiscer dans votre vie.

Chloé Parisse