Election présidentielle cruciale en Iran

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Hassan Rohani, président sortant

Les Iraniens sont appelés aux urnes ce vendredi 19 mai pour élire leur président. Cette élection qui oppose au total quatre candidats s’annonce très indécise. Le président sortant Hassan Rohani et le conservateur Ebrahim Raïssi sont favoris. 

Une poursuite de l’ouverture au monde ?

Tout oppose la politique économique des deux principaux candidats de l’élection. D’un côté, Hassan Rohani, 68 ans, le président sortant, brigue un second mandat pour poursuivre une politique d’ouverture au monde qu’il a commencé à mettre en place. De l’autre côté, Ebrahim Raïssi, 56 ans, candidat conservateur veut privilégier la production nationale.

Le mandat d’Hassan Rohani a surtout été marqué par l’accord sur le programme nucléaire iranien conclu le 24 novembre 2013 avec l’Allemagne, la Chine, les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni. En 2015, le Plan global d’action conjoint a été signé, permettant de lever les sanctions imposées jusqu’alors à l’Iran par les Nations-Unies et l’Union Européenne. L’ensemble de ces accords aura permis une ouverture politique et économique majeure de l’Iran vers le monde.

Une succession du guide suprême ?

La politique prônée par Ibrahim Raïssi s’oppose totalement à celle d’Hassan Rohani. Religieux conservateur, Raïssi est soutenu par l’ayatollah Khameini, le guide suprême de l’Iran. Ce dernier est considéré comme le véritable chef de l’Etat iranien, bien que le rôle politique du président soit de plus en plus important. Raïssi s’oppose à l’ouverture de l’Iran vers le monde, privilégiant la production et les investissements nationaux.

Un contexte toujours tendu avec les Etats-Unis

Ce scrutin permettra également de déterminer le degré de satisfaction des citoyens iraniens face à la politique d’ouverture de Rohani. Cette élection intervient également au lendemain de la décision des Etats-Unis de poursuivre l’allègement des sanctions contre l’Iran, bien que Donald Trump soit fermement opposé à l’accord sur le nucléaire iranien. Hasard ou pas du calendrier, ce dernier se rendra samedi en Arabie Saoudite, rival géographique de l’Iran.

Robin Servais