Affaire Grégory Villemin: trois personnes placées en garde à vue

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C’est un nouveau rebondissement dans une affaire qui a débuté il y a presque 33 ans. Trois membres de la famille du petit Grégory, assassiné le 16 octobre 1984, ont été interpellés et placés en garde à vue dans les Vosges. Il s’agirait d’un couple de septuagénaires et d’une femme connus des enquêteurs.

Qui sont les personnes interpellées ?

Les gendarmes de la section de recherches de Dijon ont interpellé ce mercredi 14 juin trois personnes dans les Vosges, dans le cadre de l’enquête sur le meurtre de Grégory. Ces trois personnes vont être entendues pour “complicité d’assassinat, non-dénonciation de crime, non-assistance à personne en danger et abstention volontaire d’empêcher un crime”. Il s’agirait du grand-oncle de Grégory et de son épouse, ainsi que la tante du petit garçon. Sa grand-mère sera elle entendue comme témoin par les enquêteurs. Ces interpellations constituent un rebondissement particulièrement inattendu puisque l’enquête n’avait pas avancé depuis plusieurs années.

Trente-deux ans de mystère

Les faits remontent à 1984. Le 16 octobre, Grégory Villemin, 4 ans, est retrouvé mort noyé dans la Vologne, près du village de Docelles (Vosges). L’affaire, très médiatisée dès ses débuts, défraye la chronique. Dès les premiers jours de l’affaire, les enquêteurs ont connaissance d’un mystérieux personnage surnommé “le corbeau”. Ce dernier appelle l’après-midi du meurtre l’oncle de Grégory, lui affirmant qu’il a jeté le corps de l’enfant dans la rivière. Le 17 octobre, les parents de Grégory reçoivent une lettre écrite par “le corbeau”: « J’espère que tu mourras de chagrin, le chef. Ce n’est pas ton argent qui pourra te redonner ton fils. Voilà ma vengeance, pauvre con ». Les parents de Grégory affirment avoir été harcelés pendant quatre ans par ce “corbeau” qui avait menacé d’assassiner l’enfant. Il n’a jamais pu être formellement identifié.

Au début de l’enquête, Bernard Laroche, cousin du père de Grégory, apparaît comme le principal suspect. Inculpé pour meurtre, il fait un séjour en prison avant d’être libéré. Le père de Grégory, persuadé de la culpabilité de Laroche, le tue d’un coup de fusil de chasse en 1985.

La mère de Grégory sera à son tour soupçonnée en 1985 avant d’être innocentée pour “absence de charges” en 1993. A partir de cette date, l’enquête se retrouve à nouveau au point mort. Le dossier est ensuite rouvert en 2000 pour l’examen ADN d’un timbre figurant sur une lettre anonyme reçue par les parents de Grégory. L’analyse ne donnera rien, de même que de nouvelles analyses menées sur d’autres timbres entre 2008 et 2013 ainsi que sur les vêtements de l’enfant. En 2013, le procureur de la République de Dijon affirme que “le dossier n’est pas clos” mais que l’espoir de connaître le nom du coupable “s’éloigne”. Les trois interpellations de ce matin permettront peut-être de mettre fin à trois décennies d’énigme.

Robin Servais