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Alors que l’ancien Premier ministre, Manuel Valls, a été proclamé élu d’une courte tête dimanche, son adversaire, Farida Amrani, candidate de la France Insoumise, annonce un recours. 

«On continue de contester le résultat, nous allons nous rendre en préfecture pour recompter les bulletins.» Farida Amrani est encore énervée. Battue dans la première circonscription de l’Essonne de 139 voix par Manuel Valls, la candidate de la France insoumise a annoncé son intention de déposer un recours devant le Conseil constitutionnel. Une décision qui n’empêchera pas l’ancien Premier ministre, sifflé par une partie l’assistance lors de l’annonce de sa courte victoire dimanche soir en mairie d’Evry, de siéger à l’Assemblée nationale comme il l’a annoncé sur Twitter lundi matin.

Les résultats officiels, prérogative du Conseil constitutionnel, n’ont certes pas encore été publiés mais pour l’instant le site du ministère de l’intérieur donne Manuel Valls  vainqueur. A moins d’un retournement de situation, c’est donc bien lui qui fera donc sa rentrée, au moins pour quelques semaines, au Palais Bourbon. Car le recours que s’apprête à déposer Farida Amrani n’est pas suspensif.

L’annulation, une décision rare

Le député proclamé élu, en l’occurrence Manuel Valls, siège à l’Assemblée le temps de l’examen par le Conseil constitutionnel. Si les Sages rejettent la contestation, le député reste en place. Parfois, ils concèdent des irrégularités dans un bureau de vote mais estiment que cela n’aurait pas permis de faire basculer les résultats. Le Conseil constitutionnel peut également prononcer l’annulation de l’élection (ce qu’il a fait à 63 reprises depuis 1958), ou réformer les résultats et proclamer élu un autre candidat (ce qu’il n’a jamais fait à ce jour). « Ses décisions sont souveraines et revêtues de l’autorité de la chose jugée », précise le Conseil sur son site.

Nada LAMRI