Les “geysers sauvages” pendant la canicule, un jeu très dangereux

Les “geysers sauvages” pendant la canicule, un jeu très dangereux

988
0
SHARE

L’ouverture intempestive des bouches d’incendie pour se rafraîchir est un phénomène en expansion en France. Les pompiers et plusieurs villes touchées sonnent l’alarme.

Avec la canicule, les geysers sauvages ont rejaillit dans le paysage urbain. La chaleur de ces derniers jours ont poussé certains à faire exploser les bouches d’incendie pour se rafraîchir et diffuser les images sur les réseaux sociaux, appréciant le spectacle du geyser capable de s’élevé a plusieurs mètres de haut. Mais cette pratique est avant tout dangereuse martèlent les pompiers qui rappellent “qu’elles servent à la sécurité de tous, et sont réservés”.
Réunis en mairie d’Aubervilliers à l’initiative de Meriem Derkaoui, la maire PCF, ils ont appelé l’Etat à « débloquer des crédits exceptionnels » pour faire cesser ce fléau. « Mardi, 53 poteaux à incendie ont été ouverts sur le territoire de Plaine Commune », précise Patrick Braouezec, son président (FG).
Avec le retour de la canicule, les élus redoutent  de battre les reccords de 2015. A l’époque, Veolia Eau d’Ile-de-France avait recensé 500 ouvertures sauvages par jour.

Pour la seule journée de mercredi 21 juin, le Syndicat des eaux d’Ile-de-France (Sedif), qui assure l’alimentation en eau potable de cent cinquante communes autour de la capitale, en a relevé plus de cinq cents, essentiellement en Seine-Saint-Denis, selon des chiffres communiqués au Monde. « Cela correspond à 150 000 m3 d’eau perdue, soit l’équivalent de soixante piscines olympiques, ou la consommation journalière de cent mille personnes », précise-t-il.

Risque de pénurie d’eau en cas d’incendie

Les pompiers mettent en garde contre le risque de choc thermique, de blessures liées à la pression du jet d’eau, ou encore d’accident électrique si la projection d’eau touche une ligne aérienne ou une infrastructure technique sous terre. Mardi 20 juin, un enfant « a pris la pression sur le thorax et a eu un hématome », selon le maire de L’Ile-Saint-Denis, Mohamed Gnabaly.

Plus que tout, pompiers et autorités locales redoutent une pénurie d’eau en cas d’incendie alentour. « Ce n’est pas un jeu, il y a des vies qui peuvent être en danger à cause de ça, insiste le lieutenant-colonel Michael Bernier, chargé de la communication de la sécurité civile au ministère de l’intérieur. On risque de voir des gens mourir parce qu’il n’y aura plus assez d’eau à la borne. Si ça continue, il y aura un drame”

Nada LAMRI