SHARE
Turkish President Tayyip Erdogan (C) poses with Emir of Kuwait Sheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah (L), King Salman of Saudi Arabia (2nd L), and Sultan of Brunei Hassanal Bolkiah (2nd R), and Kazakhstan's President Nursultan Nazarbayev (R) for a family photo session during the Organisation of Islamic Cooperation (OIC) Istanbul Summit in Istanbul, Turkey April 14, 2016. REUTERS/Murad Sezer TPX IMAGES OF THE DAY - RTX29WCJ

Les organisations de défense des droits de l’homme, qui comptent interjeter appel, affirment que les armes sont utilisées contre des civils dans la guerre menée par Riyad au Yémen. 

L’Arabie Saoudite, premier client du Royaume-Uni en matière de vente d’armes, va pouvoir continuer de s’approvisionner auprès de Londres. Les autorisations d’exportations accordées à Riyad par Liam Fox, ministre du commerce international, ne sont pas illégales, a jugé lundi 10 juillet 2017 la Haute Cour de Londres.

La juridiction a rejeté la demande formulée par la Campagne contre le commerce des armes (CAAT en anglais) tendant à faire interdire ces licences d’exportation, alléguant de leur utilisation contre des civils dans la guerre menée par Riyad au Yémen. « Nous avons conclu que les décisions matérielles prises par le ministère [du commerce international] étaient légales », a affirmé le juge Burnett. Ce qui représente un revers pour les organisations de défense des droits de l’homme qui ont immédiatement fait part de leur intention d’interjeter appel.
La réglementation tant britannique qu’européenne interdit la délivrance de licences d’exportation d’armes s’il existe un « risque avéré » que ces équipements puissent être utilisés en contravention avec la législation humanitaire internationale. La CAAT estime que les ventes britanniques de bombes et d’avions de chasse à l’Arabie saoudite contreviennent à cette interdiction.
S’appuyant notamment sur le constat des Nations unies selon lequel les civils constituent la majorité des 8 000 morts et 45 000 blessés du conflit au Yémen depuis 2015, les militants estiment que le gouvernement britannique s’est rendu coupable de « violations graves et répétées » du droit humanitaire. En janvier, un rapport de l’ONU a dénoncé le « ciblage généralisé et systématique » des civils dans les attaques menées par les Saoudiens, y compris des hôpitaux, des écoles, des fêtes de mariage et des camps de personnes déplacées. 
Liam fox, ministre britannique du commerce internationale

Le conflit oppose des forces progouvernementales aux rebelles houthistes liés à l’Iran qui contrôlent la capitale Sanaa depuis 2014. Les forces loyalistes, elles, sont soutenues par une coalition dirigée par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, appuyés par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni. Lors d’une audience en février, l’avocat de la CAAT avait indiqué que le gouvernement britannique avait poursuivi ses ventes d’armes, pour un montant de 3,3 milliards de livres (3,72 milliards d’euros), malgré la crise humanitaire engendrée par le conflit.

Mais lundi, les juges londoniens, se fondant sur des preuves confidentielles communiquées par le gouvernement et discutés seulement lors d’audiences à huis clos pour des « raisons de sécurité nationale », ne l’ont pas suivi. Selon la Haute Cour, les éléments présentés par les opposants aux ventes d’armes « ne constituent qu’une partie du tableau ».