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L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies détaille, dans une note publiée ce mardi 11 Juillet, le profil des « consommateurs » de médicament à base de codéine. 

De plus en plus d’adolescents consomment du purple drank, autrement appelé codé-sprite, lean, syzzurp, un cocktail euphorisant et qui « fait planer ». De la codéine, utilisée en sirop (Euphon, Néo-Codion) ou en comprimé comme le Codoliprane, diluée dans du soda, et détournée pour se droguer. De la grenadine ou des bonbons sont parfois ajoutés.
« Le nombre de cas graves est en augmentation depuis septembre 2015. Depuis janvier, cinq cas d’intoxication ont été répertoriés dont deux décès d’adolescents », indique l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Ce mélange est parfois associé à un antihistaminique, pour contrer les effets secondaires de la codéine (nausées, démangeaisons). Des produits en accès libre à la pharmacie, même pour les mineurs, puisque aucun texte n’interdit la vente de médicaments aux moins de 18 ans.

Cette vogue touche essentiellement « un public jeune et inséré, lycéens, étudiants, jeunes actifs », explique Agnès Cadet-Taïrou. Loin des rave-parties mais plutôt dans des soirées « entre potes ». Ces mélanges sont souvent associés à de l’alcool, selon l’OFDT, et peuvent aussi devenir une alternative pour ceux qui n’en consomment pas, y compris pour des raisons culturelles. Filles et garçons en sont adeptes.

Pour Jean-Pierre Couteron, président de la Fédération addiction, « ce phénomène est d’autant plus déconcertant que ce sont des jeunes plutôt insérés, pas forcément en rupture, ce qui devrait nous interroger ».

Certains pharmaciens refusent de vendre aux adolescents

Décontractant, déstressant, désinhibant, les effets de la codéine sont bien connus. « Une impression de légèreté, comme de voler, mais des fois des nausées et la tête qui tourne », décrit une étudiante en dentaire à Bordeaux, citée dans la note de l’OFDT.

Les alertes viennent en continu du terrain, des pharmaciens d’abord, qui pour certains refusent de vendre ces médicaments à des adolescents, parfois des mineurs de 14 ou 15 ans. « L’un vient chercher un sirop contre la toux, l’autre arrive peu de temps après pour demander un antihistaminique, prétextant une allergie », relate un pharmacien marseillais cité dans la note.