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Le premier juge d’instruction en charge de l’affaire du petit Grégory a été retrouvé mort à son domicile ce matin. Les enquêteurs avancent la thèse du suicide.

Encore un drame dans l’affaire du meurtre de Grégory Villemin. Le juge Jean-Michel Lambert, âgé de 65 ans, a été retrouvé mort le matin du mardi 11 juillet. Selon une source proche du dossier, le magistrat a été retrouvé à son bureau, dans son domicile au Mans, avec un sac en plastique noué autour du cou.

La thèse du suicide

Selon les premiers éléments de l’enquête, il s’agirait d’un suicide. “Il ne présentait aucune trace de violence”, a expliqué ce matin le procureur de la République du Mans, Fabrice Bélargent. Le corps a été découvert par la voisine des Lambert. L’épouse de l’ancien magistrat avait exprimé son inquiétude à sa voisine, n’ayant plus de nouvelles de son mari. Les enquêteurs n’ont trouvé aucune trace d’effraction ou de lutte dans l’appartement du couple. “Aucun écrit de nature à expliquer ce décès n’a été découvert”, a précisé le procureur. “L’enquête a été confiée au SRPJ d’Angers et une information en recherche des causes de la mort sera très prochainement ouverte. Une autopsie sera nécessaire pour déterminer précisément la cause du décès”, a expliqué Fabrice Bélargent.

Un juge critiqué

Jean-Michel Lambert était surnommé “le petit juge”. Il avait hérité de ce sobriquet en raison de son jeune âge au moment de l’enquête sur le meurtre du petit garçon, en 1984. Mais ce sont en particulier ses erreurs commises lors de l’instruction qui lui ont valu ce surnom. Le magistrat avait été désigné comme l’un des principaux responsables du fiasco judiciaire de l’affaire Grégory. Une erreur de procédure de sa part avait entraîné l’annulation d’expertises graphologiques. Ces expertises mettaient en rapport Bernard Laroche, le beau-frère du père de Grégory, au fameux “corbeau” qui persécutait la famille Villemin par des lettres de menaces.

Une erreur fatale

L’ancien magistrat a également été accusé d’avoir joué malgré lui un rôle dans l’assassinat de Bernard Laroche. Il lui était ainsi reproché d’avoir laissé Murielle Bolle, témoin-clé de l’enquête, et âgée de 15 ans à l’époque, rentrer chez elle après avoir accusé Laroche de l’enlèvement de l’enfant. L’adolescente était ensuite revenue sur ses déclarations. Selon certaines sources, Murielle Bolle aurait subi des violences familiales et serait par conséquent revenu sur ses déclarations. Malgré l’impasse dans laquelle se trouvait alors l’enquête, Jean-Michel Lambert avait libéré Bernard Laroche, sans aucune protection policière. En mars 1985, convaincu que cet homme était le meurtrier de son fils, Jean-Marie Villemin a abattu Bernard Laroche. Une mort que le juge Lambert racontait avoir encore sur la conscience en 2014, comme le rapporte 20 Minutes.

L’enquête continue

Le décès de Jean-Michel Lambert intervient alors que l’enquête qui piétinait depuis plus de 30 ans vient de connaître une brutale accélération. Trois personnes ont récemment été mises en examen, dont Murielle Bolle, 32 ans après que la découverte du corps sans vie du petit Grégory, pieds et mains liés, dans les eaux de la Vologne (dans Vosges). C’était le 16 octobre 1984.