Pagaille dans les aéroports: retards, embouteillages aux contrôles, attente interminable

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Des avions qui restent cloués au sol à attendre leurs passagers, lesquels piétinent dans les files d’attente des contrôles de sécurité: depuis plusieurs semaines, ce sont des scènes quotidiennes dans les aéroports parisiens, et la situation continue de se dégrader. “C’est un bazar innommable. Du jamais-vu”, décrit le PDG de Corsair, excédé dans une interview au Parisien, mercredi 12 Juillet. 

« Orly c’est une honte. 2 heures debout pour la sécurité et 2 heures de retard pour le vol », s’indigne une voyageuse ce mercredi sur Twitter. Une colère qu’elle n’est pas la seule à éprouver car depuis plusieurs semaines, les files d’attente aux postes de contrôle de la police aux frontières (PAF) se multiplient et le temps d’attente s’est fortement allongé dans les aéroports franciliens, mais pas uniquement.

« Le phénomène touche aussi désormais les aéroports de Lyon, Marseille, Nice Toulouse… Et même certains aéroports de proximité (où les contrôles sont effectués par les douanes) comme La Rochelle ou Carcassonne. C’est catastrophique », s’offusque Nicolas Paulissen, délégué général de l’ Union des aéroports français.

Certains passagers font des malaises

Exemple à Orly, où les compagnies aériennes ont comptabilisé plus de 500 heures de retard pour l’ensemble des vols internationaux entre janvier et avril 2017 dues à l’engorgement de ces contrôles aux postes frontières. A Roissy, sur cette même période les temps d’attentes aux contrôles supérieurs à 30 minutes ont bondi de 70 % par rapport aux quatre premiers mois de l’année 2016. De nombreux voyageurs sont en colère, certains font même des malaises. « Et les petits aéroports de proximité ne sont pas équipés pour recevoir de tels flux. Les passagers doivent parfois patienter sur le tarmac, sous le soleil ou la pluie », constate Nicolas Paulissen.

Une situation tendue qui a de multiples causes : « La mise en œuvre de l’état d’urgence et la réintroduction de contrôles systématiques sur tous les vols en provenance ou à destination des pays de l’espace Schengen ont engendré un surcroît d’activité aux agents de la PAF. Ils sont obligés de faire des contrôles approfondis pour vérifier que certains passagers ne sont pas fichés ou recherchés », nous explique Julien Morcrette, secrétaire national d’Alternative Police, en charge de la PAF. « Tout cela s’effectue via une base de données centrale. Quand il y a peu de trafic, la captation d’informations prend 10 secondes, mais quand le flux de voyageurs est très important, les réseaux informatiques sont saturés », ajoute Guy Tardieu, délégué général de la Fédération nationale de l’aviation marchande.

Les agents de la PAF débordés

La situation s’est encore aggravée à la suite du renforcement par l’Union européenne des contrôles aux frontières extérieures de Schengen depuis avril. Par ailleurs, le trafic aérien a continué à s’accroître cette année. « Il progresse de 2,5 % par an. Et avec l’objectif de la France d’attirer 100 millions de touristes étrangers d’ici à 2020 dont 80 % emprunteront l’avion, la situation va encore s’aggraver », s’alarme Nicolas Paulissen.

Des solutions possibles pour améliorer la situation

Pour tenter de sortir de ce chaos, des représentants de l’UAF et de la Fnam ont été reçus à Matignon ce mardi. « Nous avons demandé l’accélération du déploiement des Parafe (sas de contrôle automatisé des passeports), en sollicitant des fonds européens. Et aussi la validation le plus rapidement possible de la reconnaissance faciale, qui est encore en expérimentation en France et permet de contrôler un passeport et son détenteur en moins d’une minute », indique Nicolas Paulissen.