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Emmanuel Macron a décidé de nationaliser temporairement STX afin d’éviter que le groupe italien Fincantieri en prenne les rênes. Un choix salué par les socialistes.

Une grande première : Emmanuel Macron choisit la voie de l’étatisation. Du moins de façon temporaire. Le président a tranché aujourd’hui sur le futur proche des chantiers navals de Saint-Nazaire. Alors que le bras de fer entre la France et l’Italie pour devenir l’actionnaire principal de STX battait son plein, l’Etat a décidé d’acquérir les chantiers. La société publique italienne Fincantieri est par conséquent évincée de la course. C’est la première grande intervention du nouveau gouvernement sur la question industrielle. L’annonce a été officialisée par le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, lors d’une conférence de presse ce jeudi 27 juillet à 15 h 00.

Un interventionnisme salué par la gauche

Avec la nationalisation de STX, l’Etat, déjà actionnaire à 33 %, fait jouer son droit de préemption sur le reste du capital des chantiers de Saint-Nazaire. Alors que la côte de popularité d’Emmanuel Macron est en chute, à cause notamment de mesures mal accueillies par l’opinion publique, le dirigeant prend une décision très surprenante. L’élection du leader de La République En Marche présageait en effet d’une suite de privatisations et de mesures libérales. Au Parti Socialiste, la nationalisation de STX est bien accueillie. Interrogé par Le Monde, Boris Vallaud, député (PS) des Landes, explique que “l’intérêt industriel et stratégique des chantiers de Saint-Nazaire justifie que l’Etat s’y intéresse.” L’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée précise : “j’avais moi-même proposé cette nationalisation temporaire à François Hollande. La réflexion était entamée depuis un an, Emmanuel Macron ne fait que la mettre en œuvre.”

Macron / Montebourg : même combat

L’acquisition de STX par l’Etat français est la première nationalisation d’une entreprise depuis 2004. C’est un choix qui n’est pas sans rappeler la bataille d’Arnaud Montebourg pour sauver Florange en septembre 2012. Le ministre du Redressement productif avait proposé que l’Etat rachète l’usine de sidérurgie, le haut-fourneau d’ArcelorMittal alors mis à l’arrêt pour raisons économiques. Une proposition finalement rejetée par le premier ministre de l’époque, Jean-Marc Ayrault. « Comme Montebourg, Macron est un jacobin, il est persuadé que l’Etat peut beaucoup et qu’il faut utiliser les pouvoirs conférés par la Constitution », explique au Monde un haut fonctionnaire qui a côtoyé l’actuel chef d’État à l’Elysée. Les deux hommes, bien qu’opposés politiquement, entretiennent en réalité de bons rapports amicaux.