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Elles sont de retour les vacances tant attendues ! A ceux qui ont la chance d’être nés au siècle dernier, ces tout premiers congés de l’année scolaire rappellent sans nul doute les balades en forêt illuminées par les belles couleurs d’automne, ou les derniers rayons d’un soleil déclinant sur un mur lézardé.

Cabanes en salopette

Heureuse époque celle où sitôt la cloche secouée nous partions en courant vers quelques jours d’insouciance méritée. Cartables aux oubliettes, cabanes en salopette et bateaux de pirates usaient nos bottes en caoutchouc et rehaussaient nos frimousses encagoulées du rose innocent de l’enfance. Autant de marrons ramassés et jamais vraiment mangés à l’heure du goûter. Autant de pantalons crottés de boue et de mains barbouillées de confiture qui coule partout. C’était l’époque de la tartine, l’époque où les enfants avaient bonne mine…

Et puis… Les grincheux des congés ont pris le relais. Il y a d’abord eu « trop de vacances » ou « trop en avance ». Les rythmes ont été bousculés : école le samedi, école le mercredi, moins d’école, plus d’école…  On a soi disant « tout essayé » et les enfants sont soi disant « fatigués ».

Le Bac dès la maternelle

Alors on a testé tout un tas de systèmes, compté les semaines, mais on n’a jamais vraiment pensé à leur ficher la paix à ces gamins réellement fatigués d’être traités comme des adultes miniatures.

Tout est minuté même l’heure du goûter ! Activités, cours du soir, cours d’été, cours d’automne… On prépare le Bac dès la maternelle afin d’anticiper un éventuel retard qui arriverait avec un peu trop d’avance. Il faut être prêt ! Pendant les vacances, il faut travailler ! Tant pis pour le reste. Tant pis pour la vie !

Quand les marrons ne tomberont plus…

Sitôt les vacances finies on repart de plus belle. Les gosses d’aujourd’hui ne connaissent plus les marrons d’automne, ils en ont juste marre d’être autonomes…à quatre ans ! Laissons les choses de leur âge les former, les transformer… Ils ont bien le temps de « ne pas perdre leur temps ». Les adultes en sont-ils conscients ? Quand l’enfance aura disparu les marrons d’automne ne tomberont peut-être plus…

Magali Menin