Goldman Sachs et Greg Smith c’est fini!

858
0
SHARE

La lettre de démission d’un banquier de Goldman Sachs

Greg Smith, responsable des produits dérivés pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique de la prestigieuse banque Goldman Sachs a publié hier sa lettre de démission sur le site du New York Times.

 

On connaissait les manières originales d’attirer l’attention d’un employeur pour susciter une embauche, Greg Smith aura instauré le buzz autour de la démission ! Dans une lettre ouverte au New York Times, après douze ans de bons et loyaux services, ce banquier dénonce le déclin de moralité d’une des plus puissantes banques d’affaires du monde autour d’un thème central : Goldman Sachs ferait passer ses propres profits avant l’intérêt de ses clients qui seraient considérés comme des marionnettes. Après Goldman Sachs, Goldman sucks ! Il faut espérer que ce geste permettra à Greg Smith d’avoir sa conscience tranquille, de se considérer responsable mais pas coupable car l’on ne voit pas quel impact de plus ce pamphlet pourrait avoir. Retour sur les accusations du banquier repenti.

Les clients de Goldman Sachs sont des marionnettes

Qui sont ces clients dont parlent Greg Smith ? « Au fil de ma carrière, j’ai eu la chance de conseiller deux des plus importants fonds de gestion alternative (Hedge Funds) de la planète, cinq des plus importants gestionnaires d’actifs des Etats Unis, et trois des plus prestigieux fonds souverains du Moyen-Orient et d’Asie. Mes clients représentaient au total plus de mille milliards de masse sous gestion. J’ai toujours pris soin de conseiller à mes clients ce qui était le mieux pour eux, même si cela représentait moins d’argent pour la banque. Ce point de vue est de moins en moins populaire chez Goldman Sachs». Je ne sais pas si Ray Dalio, président de Bridgewater ou la direction de Man Group, deux des plus importants Hedge Funds de la planète écriront personnellement à Greg Smith pour le remercie de tant d’attention durant ces douze années ou si ils se vexeront d’être les marionnettes du tout puissant Goldman Sachs……Greg Smith ne leur aura en tous les cas certainement pas appris que le trading a pris le pas sur le conseil. Ces fonds ont également des clients, la finance repose sur des dizaines d’intervenants gérant l’argent de clients, chacun essayant de combiner ses intérêts (gagner de l’argent) et l’intérêt des clients (faire gagner de l’argent aux clients en limitant les risques). Si Greg Smith avait été un banquier privé gérant l’argent de particuliers, on aurait encore pu comprendre qu’il puisse avoir des reserves sur les frais chargés aux clients mais quand ses clients sont des investisseurs avertis et sophistiqués, son altruisme passe pour de la mauvaise foi.

Greg Smith, une victime du système ?

A l’âge de 33 ans, après douze ans de carrière et certainement de gros salaires et gros bonus, la dernière journée de Greg Smith aura entraîné outre un buzz sur le web une chute de l’action de la banque de Goldman Sachs. Si ce dernier a souhaité perdre son travail, son acte aura également eu pour conséquence une perte de 2,15 milliards de dollars dû à la chute du cours des actions. Ces actions qui sont possédées par des milliers de particuliers dans le monde. Après douze ans de finance, le futur représentant de Occupy Wall Street ne pouvait ignorer que sa lettre aurait des conséquences sur les marchés. Est-ce réellement l’attitude d’un banquier responsable qui quitte son poste pour le meilleur intérêt des clients ?