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Art Paris Art Fair 2014 : China guest of honor

L’art contemporain chinois déploie son exubérance et sa créativité au Salon Art Paris Art Fair, jusqu’au dimanche 30 mars 2014.

Cette manifestation se déroule en marge de la visite d’Etat que le président chinois Xi Jinping a effectuée en France.  En effet, la foire printanière parisienne a choisi cette année d’avoir pour invité d’honneur la Chine dans le cadre des célébrations du cinquantenaire des relations diplomatiques franco-chinoises. Pour cette édition 2014, Art Paris a réuni au total 140 galeries de 18 pays. La participation étrangère s’établit à 50% pour 43% l’année dernière.

L’entrée du Grand Palais donne le ton d’emblée : l’œuvre à double lecture de l’artiste Liu Bolin est constituée d’un immense poing de fer tourné vers le bas et qui semble frapper le sol. Cet “Iron fist” met l’accent “sur la réalité de la Chine” où “les gens endurent des pressions énormes, à cause de leurs conditions de vie, du climat politique, de l’air pollué qu’ils respirent”, a expliqué Liu Bolin. Mais ce point donne aussi “l’image d’une Chine contemporaine qui veut s’imposer sur la scène internationale avec force et rayonnement”, tempère la galerie française Paris-Beijing, qui représente l’artiste. Art Paris c’est quatre vingt dix artistes chinois à découvrir de différentes générations, représentés par dix galeries de Pékin, Shanghai et Hong Kong et par une vingtaine d’enseignes européennes.

Le salon met en avant plusieurs artistes du groupe “Les Étoiles” (Xing Xing) créé en 1979 après la Révolution culturelle (1966-1976), et qui ose à l’époque manifester en réclamant la liberté d’expression. Son fondateur Wang Keping a dû s’exiler en 1984 et vit désormais en France. Il sculpte un bois brûlé, tout en rondeur, en respectant les formes naturelles.

“Nous ne montrons pas du tout l’art officiel”, précise Guillaume Piens, commissaire général du salon.

Zhang Ding, né en 1980, qui travaille à Shanghai, fait sensation avec une installation “Buddha jumps over the wall” où un boucher en acier triomphe au dessus de cadavres d’animaux (en plâtre). Cette scène se veut une critique de la corruption… Dai Guangyu, né en 1955, est l’une des figures de proue de l’avant-garde artistique dans les années 1980. Il utilise des matériaux classiques comme le papier de riz et l’encre de Chine pour créer une œuvre contemporaine. Elle exprime que l’art traditionnel est en train de disparaître.

La galerie parisienne Claude Bernard propose un beau “solo show” du peintre Gao Xingjian, prix Nobel de Littérature, dont les œuvres à l’encre de Chine ont de quoi émouvoir l’esprit.

“De plus en plus, les artistes chinois expriment leurs émotions personnelles”, relève Guillaume Piens, citant comme exemple la jeune Xiao Zheluo dont l’œuvre exprime la solitude de l’enfant unique.

L’artiste français Bernard Rancillac, 82 ans, qui se définit politiquement comme “un ancien gauchiste”, a ressorti une œuvre de 1971 faite de neuf panneaux jaune et rouge déclinant le slogan “Vive la République populaire de Chine”. À l’époque, il n’avait pas réussi à la vendre. “J’avais dû la remettre chez moi”, dit-il. Il espère que cette fois-ci elle trouvera preneur.

Art Paris Art Fair : à découvrir et à savourer sans modération !

Photos de Olivier Thibaud