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Hier soir, mercredi 3 Février 2016, dans « Des paroles et des actes » nous avons encore eu droit à un procès comme les Français les aiment. A la barre : Monsieur l’ancien Président de la République Nicolas Sarkozy. Ca faisait longtemps ! Il était en grande forme (contrairement à ce que certains disent), et heureusement car hier soir, c’était sa fête !

Il devait d’abord débattre contre le socialiste Emmanuel Macron, mais celui-ci avait piscine et a préféré décliner cette invitation. Christiane Taubira a ensuite été conviée mais a jugé plus opportun de se rendre à l’enregistrement de « On n’est pas couché » pour assurer la promotion de son livre et expliquer son départ du gouvernement. Enfin Marisol Touraine, et Jean-Marie Le Guen ont été contactés pour s’entretenir avec l’ancien Président, mais Francois Hollande en a décidé autrement.
Bref, France 2 ne s’est pas démonté et a maintenu le débat en organisant la discussion avec « des français » triés sur le volet des « anti Sarkozystes » tatoués sur le front, des « chroniqueurs politiques » en mode bulldog et un David Pujadas au taquet de son rôle d’arbitre (de gauche bien sûr). Les partisans étaient de sortie, mais les détracteurs aussi !!

Alors soyons fous, puisque l’impartialité des médias n’est plus de rigueur depuis bien longtemps, parlons peu mais debriefons bien sur ces 2H30 avec l’ancien Président de la république Française.
La première à « l’affronter » lui balance ses « fautes de langage » : le fameux « racaille » revient sur le tapis, puis dans un reportage, une française interviewée reproche à l’ancien Président d’être trop « bling bling »…
Retour plateau, l’intervenante se recoiffe pendant que Nicolas répond : il a la politique dans sa vie et la France qu’il aime passionnément. C’est certain qu’il faut l’aimer la France pour revenir à l’heure où tout semble aller si mal ! Et pourtant on lui reproche déjà d’être revenu pour lui… Son arrogance aussi déplait fortement (trait de caractère que maitrise assez bien son interlocutrice d’ailleurs 😉 ). Il se défend en préférant parler de cette « énergie » qui le caractérise … et du choix lorsqu’on est élu à la tête d’un pays, d’être à la fois un homme et un président, avec ses qualités et ses défauts.
Sa relation avec les Français  est ensuite évoquée :
« 2017 se jouera à l’affectif ? Au passionnel ? Au rationnel ? »
Sarkozy répond « quand les gens se déchirent, il y a de la passion, et la passion est un lien », « si on ne veut pas être en désaccord avec les gens, il faut faire autre chose que de la politique ». Et toc ! Oui Sarkozy rassemble encore les foules comme on a pu le voir le 29 janvier dernier, lors d’une dédicace de son bouquin organisée dans une librairie parisienne. Près d’un millier de sympathisants étaient au rendez-vous, pour rencontrer celui « qui manque à la France ».
Alors bien sûr, son livre est épluché aussi, chaque virgule, chaque mea culpa, chaque mot sur ses concurrents est commenté, décontextualisé pour être interprété… mal bien sûr, mais là encore Sarkozy se défend.
On reparle de ses frais de campagne … de ses procès…
Et il répond que ce qui caractérise ses 35 années de vie politique n’est pas sa lâcheté, qu’il a assumé chaque erreur et qu’il s’est confronté à celles de la justice.
Bref, une joute verbale déjà vue en 2012, un art dans lequel il excelle heureusement.

Et c’est environ à 30 minutes du début du programme que ça devient (enfin) intéressant. Monsieur Sarkozy est prié de débattre à présent avec un panel authentique. Enfin le dialogue s’ouvre sur les souffrances de ce pays. Et là, tour à tour confronté à des « vrais gens », Monsieur Sarkozy se transforme en un « Mac Lesggy » de la politique : il parle, il explique, il contextualise et tout devient clair et concret dans nos esprits embrumés par trop de détails dont on se fout. On n’enlèvera jamais à Sarkozy d’avoir rendu la parole politique plus claire pour le grand public.

Et alors on retrouve le Sarko qu’on aime, combatif, dynamique, sincère, proche des gens, l’oeil pétillant, dans lequel on reconnait son appétence pour reconquérir un électorat perdu, ou jamais conquis, qui se revendique « déçu », parce qu’en France, c’est devenu un parti politique « tu es de droite ou de gauche ? » « je suis déçu !» 😉
Et pour terminer ce florilège de Français venus chercher des explications : ce syndicaliste, une perle , que dis-je, une caricature ! Un petit roquet qui a vécu son heure de gloire en plein direct, en vomissant son point de vue (boring!!!) sur la politique du président durant son quinquennat. On ne retiendra de lui que cette phrase :
« vous n’avez pas changé !».
Et j’ai envie de dire « mais heureusement !!». Parce que c’est justement tout ce qui caractérise Monsieur Sarkozy qui manque aujourd’hui cruellement à la France !! On ne réforme pas un pays en 5 ans. Et si l’espoir se dessine à nouveau de retrouver le président de la première force politique opposante du pays dans l’équation présidentielle de 2017, alors ALLELUIA mes chers compatriotes et vivement 2017 Monsieur le Président Sarkozy!

Belinda Gervasoni