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Des usagers se pressent, le 21 juin 2011, sur l'un des quais de la gare du Nord à Paris, où le trafic sur le RER A et B est perturbé par une grève des conducteurs à l'appel de la CGT, sur des revendications salariales. AFP PHOTO BERTRAND GUAY

Après une semaine compliquée, marquée par une pénurie d’essence dans près d’une station sur cinq en France, le secteur des transports s’apprête de nouveau à vivre des jours agités, toujours en raison des oppositions à la Loi Travail, et ce à moins de deux semaines de l’Euro 2016.

Malgré la fermeté du Premier Ministre Manuel Valls, qui a annoncé dans un entretien au Parisien vouloir aller jusqu’au bout, et maintenir la loi, les opposants au texte ne comptent pas abandonner pour autant. Le secrétaire générale de la CGT, Philippe Martinez a d’ailleurs appelé à « amplifier les mobilisations » avant la grande manifestation nationale du 14 juin, qui aura lieu pendant l’Euro. Mais d’ici là, la mobilisation va se concentrer dans les transports.

La SNCF amplifie son mouvement.

Si certaines perturbations perdureront cette semaine, la  situation s’améliore sur le front des carburants, après le déblocage de la quasi-totalité des dépôts pétroliers. La SNCF quant à elle, devrait connaître une semaine similaire, puisque les quatre syndicats représentatifs (CGT, UNSA, SUD-Rail, CFDT) ont déposé de nouveaux  préavis de grève, reconductibles à partir de mardi soir. Les syndicats espèrent avec ces actions, influer sur les négociations qui doivent se poursuivre aujourd’hui sur le temps de travail, et menacent de bloquer l’Euro 2016, dont la SNCF sera le transporteur officiel.

La RATP, elle aussi en grève.

Pour les Franciliens, des difficultés sont aussi à envisager à partir de jeudi à la RATP, avec un appel à la grève « illimitée » de la CGT. Le premier syndicat de France, a demandé la réouverture des négociations salariales annuelles et le retrait du projet de loi travail. SUD-RATP, troisième force syndicale, appelle lui à des manifestations pendant tout l’Euro « contre la loi travail » et « la remise en cause du statut RATP.

Le trafic aérien touché également.

Chose rare, le trafic aérien sera lui aussi touché, en raison d’un appel à la grève, prévu les 3,4, et 5 juin,  lancé par tous les syndicats représentatifs de l’aviation civile. Le mouvement aura pour but de demander l’arrêt des baisses d’effectifs et de peser sur la renégociation de leur cadre social et indemnitaire. Dans le domaine portuaire, la CGT appelle à un arrêt de travail de vingt-quatre heures jeudi contre la loi El Khomri.

 Face à la pression mise par les syndicats, Manuel Valls, ne semble pas pour autant vouloir lâcher. Dans une interview au JDD il a réaffirmé sa détermination, en écartant la possibilité de revenir sur l’article 2,
« Si nous cédions à la rue et à la CGT parce que nous serions obsédés à court terme par es élections de 2017, il ne resterait plus rien. » a t-il encore répété. »

Nicolas Laurent