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Vendredi la planète boxe apprenait la mort d’une légende des rings: Mohamed Ali s’est éteint à l’âge de 74 ans à Phoenix en Arizona. Il a succombé à des difficultés respiratoires, rendues encore plus graves par la maladie de Parkinson que « the greatest »(le plus grand) combattait depuis maintenant 30 ans. Retour sur « the rumble in the jungle » (bagarre dans la jungle) face à Georges Foreman, qui a forgé la légende.

« Rumble in the jungle » l’heure de la rédemption

Depuis 1960 où il remporte son premier championnat olympique, Mohamed Ali est la nouvelle sensation des poids lourds en boxe anglaise. Ses statistiques sont ahurissantes, 108 combats pour 100 victoires, dont une mémorable et classée KO le plus rapides d’un championnat du monde avec ce fameux « coup de poing fantThe_Rumble_in_the_Jungle_posterôme » asséné à Sonny Liston, à qui il criera « debout lèves toi, enfoiré ». Sa carrière bascule en 1966, où il refuse d’aller faire la guerre au Vietnam, car sa religion (l’islam) le lui interdit. Il est alors condamné à 5 ans de prison et ses titres ainsi que sa licence de boxe lui sont retirés.
Lorsque le président Zaïrois Mobutu décide d’organiser un combat à Kinshasa entre Georges Foreman, figure montante de la boxe à l’époque et Mohamed Ali, champion déchu, l’idée séduit toute l’Afrique. Mohamed Ali déclare alors: « Je suis citoyen Américain et je n’ai jamais été invité à la maison blanche. Soyez assuré de l’honneur que vous me faites d’être convié à la maison noire. » Le combat prend alors une tournure symbolique et politique et le seul souhait d’Ali est de récupéré son titre qui lui a été enlevé.

« Je bouge comme un papillon et je pique comme une abeille »

A 32 ans et sûr de ses capacités intactes après 8 ans sans combattre, c’est avec ces mots que Mohamed Ali définit sa victoire. Il arrive à Kinshasa en terre conquise tant la population locale l’adule, lui grande figure contre la ségrégation aux Etats-Unis depuis qu’il s’est reconvertit à l’Islam. Les 100 000 spectateurs sont tous derrière le boxeur américain, alors qu’on est déjà au 7eme round quand Ali va au tapis. L’arbitre n’a même pas le temps de compter jusqu’à 5 que Mohamed est déjà debout. Pendant la totalité du combat, l’ancien champion reste dans les cordes, esquive les coups de Foreman et attend que ce dernier se fatigue. Et il se fatigue. 8ème round, Ali aperçoit l’ouverture: Après une esquive, il tourne derrière Foreman et lui envoie un enchaînement dont il a le secret. Foreman tombe et ne se relèvera pas. The greatest récupère son titre, devant son public.
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La route vers le déclin…

Mohamed Ali aimait la boxe. Peut être même un peu trop. Après le combat de Foreman, le natif de Louisville, enchaîne les combats malgré son âge avancé. Sa rivalité immuable avec Joe Frazie,qui s’est imposé comme un ténor des poids lourds, va mettre fin a sa carrière. Ali veut sa revanche et il remporte le dernier combat de cette trilogie avec Joe Frazie, dans un match décrit comme l’un des plus violents de l’histoire de la boxe. Ali déclarera d’ailleurs après le combat « j’ai vraiment eu le sentiment que j’approchais de la mort. »
En 1980 quand il capitule face à Larry Holmes, il n’est plus que l’ombre du grand boxeur qu’il fût. Et ces « combats de trop » lui font beaucoup de mal. Les premiers symptômes de sa maladie n’apparaissent que deux ans plus tard. Un combat contre la vie que cette légende à mener pendant près de 30 ans, avec la même détermination qu’il avait sur le ring.