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Le premier long métrage de la jeune réalisatrice de 36 ans, Houda Benyamina, est une réussite tant sur le plan de l’image que sur le scénario.

Argent, drogue, sexe, misère, religion mais aussi amour : autant de sujets de société sont abordés dans le film qui lance véritablement la rentrée 2016-2017 du cinéma. Divines raconte l’histoire de deux jeunes filles, Dounia et Maimounia, qui veulent sortir de la misère et de l’indifférence de la cité banlieusarde. Leur solution ? Se faire recruter par le caïd du quartier : Rebecca, une fille. Etonnant ? Fascinant même ! C’est là toute la force de ce long métrage, il innove, il inverse les rôles.

Un film drôle et politique

« Les femmes aussi veulent s’affirmer ». C’est un peu le leitmotiv de ce long métrage. Alors, oui, certains crieront à une mise en scène pro-féministe, d’autres jugeront que le film est parfois trop lent. Mais pour une fois le portrait cinématographique des banlieues françaises prend un tout autre visage. Et ce visage, tout emprunt de fraicheur, est magnifiquement incarné par les deux actrices qui jouent les héroïnes du film. Oulaya Amamra, alias Dounia, nous fascine part son interprétation. Elle est vraie et nous laisse ressentir ses émotions tout au long du film. Déborah Lukumenia, quant à elle, qui interprète Maimounia, nous fait partager son humour et sa frivolité. Un vrai bonheur.

« Toi, t’as du clitoris, j’aime bien ! « . Cette réplique de la jeune dealeuse du quartier à Dounia, résume l’humour dont est parsemé la « Caméra d’or » du Festival de Cannes 2016. Mais cette dernière laisse aussi place à un humour plus léger qui conviendra à tous les genres. Pour résumer, Houda Benyamina est un nom à retenir, et Divines est tout simplement divin.

Valentin Demay