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L’emploi aux États-Unis face à la dette grecque : Un regard sur la réaction des marchés

Il y a une semaine les propos du Président de la Réserve Fédérale Américaine (FED), Ben Bernanke, décevaient les marchés. Cette semaine, un rapport encourageant sur l’emploi aux États-Unis permet au Dow Jones et au Nasdaq un léger rebond. Retour sur deux mercredis mettant en lumière la réactivité des marchés face aux annonces.

Les propos de Ben Bernanke

Il y a une semaine, le Président de la FED s’exprimait devant le Comité des services financiers de la Chambre des Représentants. Sa prudence face à la reprise de l’emploi n’avait pas convaincu les marchés et le Dow Jones, S&P 500 ou encore le NASDAQ  affichait un léger recul en fin de journée. L’annonce avait également permis au billet vert de se renforcer entraînant une forte chute du cours de l’or et de l’argent. Sur fonds de crise, de reprise lente, de chômage de longue durée et d’emplois à temps partiel encore trop élevés, les marchés, avides d’optimisme, étaient déçus. Enfin, le manque de précision sur un Quantitative Easing 3 finissait d’achever un mercredi morose.

Une semaine plus tard, nous sommes face à un marché en légère hausse où les indices phares accueillaient favorablement un rapport encourageant sur l’emploi aux États-Unis. La crise n’aura fait que renforcer cette conviction, les marchés sont à l’affût d’annonces surfant entre optimisme et déception où à chaque jour suffit sa peine.

Le regard tourné vers la Grèce

Demain sera un autre jour et on peut déjà ressentir que les courtiers ont déjà un œil tourné vers la Grèce à la veille du résultat de l’opération de restructuration de la dette grecque. L’éventualité d’un défaut de paiement d’Athènes qui avait fait trembler les bourses hier risque fortement pour ne pas dire assurément d’être l’ordre du jour de la journée de demain. A 21h demain (jeudi 8 mars 2012), le sort de la Grèce doit en effet être bouclé. La parole est cette fois ci laissée aux créanciers privés, banques, assureurs, fonds d’investissement et fonds de pension, qui doivent indiquer si ils souhaitent participer ou non à un effacement de la dette actuelle conformément au plan de sauvetage adopté en février dernier. Si l’enjeu est crucial pour la Grèce et l’Europe, il n’en reste pas moins que les modalités d’effacement de quelques 107 milliards d’Euros vont susciter une réflexion approfondie chez les créanciers privés concernés. Il leur est en effet demandé d’une part de renoncer à 53,5% de leurs dettes mais aussi d’autre part d’accepter en échange de nouvelles obligations, émises en partie par le Fonds de Stabilité Européen, qui arriveront à échéance plus tardivement, au minimum 11 ans et au maximum 30 ans, et qui seront assorties d’un taux d’intérêt inférieur aux obligations qu’ils détiennent actuellement. Le bilan peut laisser songeur lorsque la proposition entraîne effacement d’une dette, amoindrissement du rendement et immobilisation plus longue de l’argent autant dire perte plus perte plus perte……. Pourtant, Athènes a annoncé que le taux de participation devait être d’au moins 75% pour que la Grèce puisse accéder au second plan d’aide. Conscient de l’importance du succès de demain, la Grèce a d’ores et déjà menacé les créanciers hésitant en indiquant qu’il n’y aurait pas d’offre plus alléchante….