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Boris Boillon, 47 ans, est jugé lundi 22 et mardi 23 mai 2017 à Paris. Cet ancien ambassadeur et ex-conseiller de Nicolas Sarkozy est soupçonné de « blanchiment de fraude fiscale » et d' »abus de biens sociaux ».

385 000 euros dans des mallettes

Les faits remontent au 31 juillet 2013. Ce jour là, Boris Boillon est arrêté dans la gare du Nord à Paris alors qu’il s’apprête à partir pour Bruxelles. Le haut fonctionnaire transporte des mallettes contenant plus de 3000 billets, pour un total de 385 000 euros et 40 000 dollars. Les transferts d’argent au sein de l’Union Européenne sont limités à 10 000 euros. Si Boillon prétend avoir obtenu cet argent d’entreprises irakiennes pour des missions qu’il a réalisées, la justice le soupçonne d’avoir produit un faux document pour se justifier. La provenance réelle de cet argent sera l’une des questions majeures du procès qui s’ouvre.

Un diplomate proche de Nicolas Sarkozy

Diplomate en Algérie en 2004, Boris Boillon fait la connaissance de Nicolas Sarkozy à cette époque. Lorsque ce dernier s’installe à l’Elysée trois ans plus tard, Boillon devient son conseiller sur l’Afrique, le Proche et le Moyen-Orient. Il exerce cette fonction pendant deux ans avant de devenir ambassadeur de France en Irak. Deux ans plus tard, il est nommé à la même fonction en Tunisie. Peu de temps après son arrivée, un entretien avec des journalistes tunisiens tourne à l’altercation. Il refuse de répondre aux questions concernant la gestion de la crise tunisienne de 2011 par la France et se met à insulter les journalistes. La séquence, filmée, fera grand bruit et le contraindra à des excuses. Il quitte ses fonctions en 2012 et se reconvertit dans le secteur privé.

Robin Servais