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Nous ne sommes pas de ceux qui jugent, nous ne sommes pas cette presse-là. Nous avons déjà rendu hommage à notre manière avec les mots de l’une de nos journalistes, à celui qui était et restera de ceux que l’on n’oublie pas …

Alors pour évoquer ce déballage-là… nous avons choisi de publier la lettre pleine de sagesse, d’un ami de Johnny. En souhaitant à tous les “Hallyday” de retrouver force et sérénité pour honorer le nom, la mémoire, l’héritage artistique et la volonté de l’homme qu’ils aimaient.

“Il est né dans la rue, il est le fils de personne. Il n’a jamais demandé quoi que ce soit à qui que ce soit. Pas eu de père ou de mère pour l’aimer, le choyer, le protéger.
Ceux qui connaissaient Johnny savent qu’il n’avait pas de patron dans la vie. Personne pour lui dicter ses décisions. Dire le contraire en travestissant la vérité, en niant le bien fondé de ses dernières volontés, en orchestrant à l’aide de grands avocats du Barreau un lynchage médiatique stratégiquement réfléchi, n’est pas digne de l’hommage populaire que des millions d’entre nous lui avons rendu ‪le 9 décembre‬ dernier.
Oui c’était hier. A peine le temps pour Laeticia, Jade et Joy de mesurer le vide terrifiant à l’intérieur duquel elles cherchent leur chemin pour survivre à son absence. A peine le temps pour Laura et David, pour lesquels je n’éprouve que tendresse et bienveillance, de faire le deuil d’un père si unique, si exceptionnel, si rare. Quand je les vois c’est Johnny dans ce qu’il avait de plus beau qui rayonne. On parle d’héritage ? C’est bien son sang qui coule dans leurs veines.
Je lis Dominique Besnehard, ex-agent de Nathalie Baye et Laura, prendre parti pour le clan qu’il aime et soutien depuis tant d’années. Très simplement, en quelques mots d’un post sur Facebook aujourd’hui supprimé, il redistribue les rôles aux protagonistes de cette histoire. « Ça sent l’usurpation d’héritage » dit-il suggérant par la même occasion que Laeticia en est l’instigatrice. Car dans ce mauvais scénario elle serait donc l’antagoniste manipulatrice, cupide et vénale tout en préférant confier à David et Laura seuls, les rôles de victimes. Qu’un tribunal populaire, digne du XVème siècle, s’en saisisse ne semble émouvoir personne et encore moins ceux qui colportent cette cabale. Peu importe que l’on souille la mémoire d’un homme. Peu importe ses dernières volontés puisque c’est sa voix qu’on musèle, qu’on cherche à éteindre. Ses derniers mots couchés sur un testament ne seraient pas de lui. On l’aurait manipulé. Lui. ‪Johnny Hallyday‬ qui jusqu’à son dernier souffle vivait en pleine conscience, en étant dupe de rien ni de personne.
Alors il y a ceux qui se drapent de vertu, remontés comme des Pitt- Bulls, et qui n’ont aucun scrupule à alimenter la polémique par l’insulte, le mépris et la haine. J’en ai croisé certains pas si loin du cortège nous menant à la Madeleine. Les amis d’hier chassés de son intimité , les piques assiettes, les intrigants, les escrocs, les vénaux, les jaloux, les nouveaux biographes…tous ceux qui l’ont eu mauvaise de voir Johnny changer de vie et d’entourage il y a 23 ans lorsqu’il rencontra Laeticia.
En embuscade on trouve la fachosphère qu’on tente de faire passer pour des fans dans Closer ou Voici. Elle chasse en meute, la bave aux lèvres. Ni Laeticia, ni Jade, ni Joy ne doivent être épargnées. Leur mission : détruire l’image et la réputation de celle qu’il aimait tant. Tout est permis. Leurs propos donnent la nausée rappelant les heures les plus sombres de notre histoire. Elles sont trois, ils sont des milliers. Pas sûr que David et Laura aient anticipé ou voulu que cela prennent de telles proportions. C’est de leurs sœurs qu’il s’agit. Ils auront été mal conseillés. Stratégiquement la fin justifie les moyens. C’est à vomir.
Johnny était mon ami. Je l’ai pleuré. Il me manque tant. Sa présence, son regard sur le monde, sa liberté, sa générosité, son humilité, sa sagesse, son rire, ses yeux rieurs, sa voix. C’est simplement de cette dernière dont nous avons besoin. Une dernière fois, le temps de remettre l’église au milieu du village, de faire taire tous ceux qui osent penser et parler à sa place, tous ceux qui, la mémoire courte, ont oublié qu’il était unique et si mystérieux pour le commun des mortels. Oui Johnny à vécu mille vies. Dans son passage parmi nous il ne cherchait que l’amour, celui dont il avait été privé enfant et qu’avec Laeticia il avait fini par trouver. Alors je me fous de savoir si les dernières volontés de Johnny sont équitables, justes ou comprises. Ce sont les siennes. Qui sommes nous pour juger du bien fondé de ses décisions? Qui sommes nous pour nier la sincérité de l’amour qu’il portait à sa femme et tous ses enfants? Qui sommes nous pour nier la complexité du lien certainement douloureux mais imputrescible qu’il avait avec David et Laura?
De son vivant personne n’osait se mesurer à Johnny. Son humilité avait raison de toutes les vanités. Un regard, un mot suffisaient. Pas un Président, pas un acteur, pas un champion olympique, pas un écrivain, pas un chanteur, pas un être humain ayant lui aussi touché la lumière n’y échappaient. Car Johnny était le patron. Car la clairvoyance de Johnny sur la nature humaine était incontestable. Il avait compris l’essentiel : celui de vivre pour et par amour. Alors je donnerais tout pour le voir ce soir, 10 minutes au 20h, pour sans lever la voix sortir un bouclier, protéger sa famille, rendre à Laeticia son honneur et sa dignité et rappeler à tous ses enfants qu’il les aime…pour l’éternité.”

Pierre Rambaldi