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A l’ouverture de la conférence annuelle F8, Facebook a annoncé mardi le lancement d’un service de rencontres ouvert à ses deux milliards d’utilisateurs. Une annonce surprenante dans un contexte de défiance envers le premier réseau social.

Mark Zuckerberg veut tourner la page et avait décidément beaucoup de choses à dévoiler. Entre les nouveautés destinées à ses messageries et le casque VR Oculus Go, le fondateur a multiplié les annonces. La plus singulière: celle d’une plateforme dédiée aux rencontres amoureuses.

De l’aveu de son dirigeant, faire de Facebook un outil de drague était un objectif dès l’origine lorsqu’il ne s’agissait encore que de mettre en relation les étudiants d’Harvard. Le principe du nouveau service de rencontre baptisé « Dating » est simple : c’est une fonction liée à Facebook mais séparée de l’application principale.

Pour vous présenter votre âme sœur, le réseau social vous demandera de créer un profil parallèle et uniquement dédié à cette plateforme de rencontre, afin de ne pas exploiter toutes vos données personnelles.

Une fois votre profil créé, il sera possible de trouver des rendez-vous potentiels en fonction des événements ou des groupes qui vous intéressent.

Mais attention, sur Facebook, pas sérieux s’abstenir. Cette fonctionnalité visera à créer des « relations authentiques et durables, pas seulement des plans d’un soir », a expliqué Mark Zuckerberg. Un tacle à peine déguisé au leader du marché Tinder.

Tourner la page Cambridge Analytica

En se lançant sur le marché de l’amour, le plus grand réseau social espère retenir ses utilisateurs mais risque de rencontrer un obstacle de taille : l’importance de la confidentialité et la protection des données les plus intimes, alors que la société américaine est sous le feu des critiques suite au scandale de l’affaire Cambridge Analytica.

Facebook s’est voulu rassurant sur ce point. L’option ne fonctionnera que si l’utilisateur l’active, nécessitera la création d’un profil séparé qui ne sera pas visible de vos amis, et les conversations avec les « matchs » ne seront pas connectées à Messenger et Whatsapp.

Face aux polémiques, Mark Zuckerberg s’est de nouveau engagé à corriger les erreurs du passé en annonçant « clear history », fonction qui permettra aux utilisateurs d’effacer leurs données de navigation. Le fondateur de Facebook a bien mis en avant que ce service « a été pensé et réalisé avec en tête les impératifs de sécurité et de respect de la vie privée ».

Avec cette nouveauté, Facebook entend s’attaquer au marché lucratif et ultra concurrentiel des applications de dating, Tinder en ligne de mire.

Avec quelques 2 milliards d’inscrits et 200 millions de célibataires potentiels selon Mark Zuckerberg, les sites de rencontre ont de quoi être inquiets. Dès hier, l’action de la compagnie Match, qui possède Tinder, a chuté de 22%.

 

Alexis Duceau