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Si une invention fait bien sensation lors du Concours Lépine 2018, c’est bien le projet « Drone Pompier, tracker reprise de feu ». Un engin qui pourrait être bientôt utilisé par les sapeurs-pompiers.

Comme chaque année à la Foire de Paris, le Concours Lépine émerveille les visiteurs avec ses inventions. Le Drone Pompier en fait partie. Cédric Cautard, de l’entreprise Air Marine, est l’un des pères de ce projet. Il nous présente son invention.

Quelle est la fonction de votre « Drone Pompier, tracker reprise de feu » ?

Il a été donc développé pour tout ce qui est reprise d’incendie au niveau des feux de forêts. On l’a développé au sein d’une association de 4 personnes. C’est une idée qui a mûri suite aux incendies de l’année dernière. Ils ont été très importants, et comme nous on est dans la partie « invention », on s’est dit que peut-être on pouvait faire quelque chose pour aider les sapeurs-pompiers pour lutter contre ces reprises d’incendie.

Pourquoi est-il difficile pour les pompiers de lutter contre ce phénomène ?

À l’heure actuelle, les sapeurs-pompiers luttent sur le terrain. Ce sont des terrains très escarpés, donc en terme de surveillance c’est assez délicat. L’avantage avec cette machine, c’est qu’elle fonctionne par la voie des airs. On arrivera très rapidement à pouvoir faire une inspection, une vérification et donc une surveillance. Et nous on va donc pouvoir directement intervenir sur la zone. Cela laisse du temps pour les autorités au sol de faire leur traitement pour arrêter la reprise.

Comment ce drone parvient à détecter ces reprises d’incendie ?

Ce drone est doté de 2 caméras : une caméra infrarouge pour détecter les zones chaudes, donc de feu, et une caméra visible. L’association des deux va pouvoir nous permettre de connaître la nature du feu, s’il y a feu, ou la nature de la reprise. On peut très bien avoir une nature avec les flammes, on utilisera donc des boules d’Elide Fire, car il n’y a que cela qui existent. Et on utilise également des bombes à eau, composées de polyphosphate d’amonium. C’est le produit qu’on met dans les canadairs. C’est un agent mouillant qui va permettre de traiter tout ce qui est braise à l’issue.

Pourquoi les pompiers n’utilisent pas ces boules ?

Elles sont assez lourdes, puis leur action est finalement assez ciblée car on va vraiment larguer sur une zone précise. Les pompiers eux vont avoir des râteaux et des pioches pour creuser. C’est compliqué pour eux de les utiliser comme on doit les utiliser.

Est-ce que les professionnels du milieu ont entendu parler de votre projet ?

Oui, nous sommes allés l’année dernière au Congrès national des sapeurs-pompiers. Il n’y avait aucun enjeu de vente ou de toute autre contrainte, c’était vraiment dans une approche précise pour connaître les besoins des pompiers contre les reprises de feu. Au départ, on avait plus un discours sur les départs d’incendie, puis très vite on a été recadré par les pompiers. Ils nous disaient que l’utilité de la machine était plus sur les reprises d’incendie. Et donc on a travaillé avec eux toute cette semaine. On a un contact avec les pompiers du SDIS 13 à Marseille, avec le commandant Rodriguez, qui suit le projet de très près, pour pouvoir voir arriver ce genre d’engins sur des opérations pour apporter une aide aux sapeurs-pompiers à la reprise des feux.

Wallid Addigue