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Le célèbre réalisateur polonais Roman Polanski, accusé d’abus sexuels par quatre femmes dont deux mineures, est au coeur d’une nouvelle polémique, cette fois pour ses propos sur le mouvement #MeToo.

On aura tout entendu. Après avoir été accusé publiquement de viol par quatre femmes, et d’être la cible d’une investigation menée par la police suisse pour relation illégale avec une mineure de 13 ans en 1977, il a finalement été expulsé de l’Académie des Oscars le 3 mai. Loin de faire profil bas et de s’éloigner de ces polémiques, le réalisateur polonais s’enfonce avec des propos qui pour le moins font preuve d’un grand manque de tacte. Dans une interview pour l’édition polonaise de l’hebdomadaire Newsweek il a qualifié « d’hystérie collective » le mouvement #MeToo. Lancée par les actrices d’Hollywood, ce mouvement a permis de redonner de l’ampleur aux cas de harcèllement sexuel et abus de pouvoir dans les cadres professionnels. Il en a coûté la réputation et la carrière au producteur Harvey Weinstein et à l’acteur Kevin Spacey, entre autres, désormais bannis de la haute sphère hollywoodienne.

Des propos mal placés

Dans un acte de profonde condescendance, Polanski paraît vouloir nous expliquer le (mauvais) fonctionnement du monde sans jamais se remettre en question. «Tous, mus essentiellement par la peur, s’efforcent de se joindre à ce mouvement. Quand je l’observe, cela me rappelle la mort d’un leader nord-coréen adulé, qui a fait terriblement pleurer tout le monde, et certains pleuraient si fort qu’on ne pouvait pas s’empêcher de rire» dit-il avec un cynisme offensant. De tels phénomènes «prennent parfois une tournure plus dramatique, comme la Révolution Française, la nuit de la Saint-Barthélemy en France (…) ou le maccarthysme aux États-Unis», a expliqué le cinéaste de 84 ans. «À mon avis, c’est entièrement de l’hypocrisie». Hypocrisie, soite. Mais pas plus que faire des leçons de morale pour juger un mouvement dont il est en partie responsable. Des propos donc très mal placés pour un réalisateur loin de sauver sa réputation.

Naomi Barki