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Une vingtaine de roquettes ont été tirées sur des bases militaires israéliennes par les forces iraniennes en Syrie jeudi 10 mai, en réponse aux bombardements de ces dernières semaines. La rispote a déclenché un des plus grands affrontements directs entre l’Israël et l’Iran, qui traverse une période complexe. 

Le territoire syrien se voit une nouvelle fois confrontée aux bombardements entre l’armée de l’État israélien, Tsahal, et l’armée de l’Iran. Les positions militaires de l’armée iranienne en Syrie sont frappées depuis plusieurs semaines par les israéliens. En réponse, une vingtaine de roquettes ont été lancées la nuit de mercredi à jeudi 10 mai en direction de Golan, une zone syrienne occupée et administrée par Israël depuis 1967. Certains des missiles ont été interceptés, ce qui a limité les dégats des bases militaires selon l’armée israélienne. L’État israélien a attribué les premières roquettes directement, et pour la première fois, aux membres des Brigades Al-Qods, du Corps des Gardiens de la Révolution iraniens (IRGC).

Tsahal a bombardé en retour plusieurs dizaines de sites qui appartiendrait à cette unité d’élite de gardiens de la Révolution durant les heures suivantes à l’attaque initiale. Les rebelles syriens ont déclaré que ces frappes ont ciblé des bases aériennes liées aux forces de l’armée des États-Unis, au Hezbollah et à un supposé siège de la garde républicaine de Bashar el-Assad. Il a d’ailleurs été avertit par Tsahal de ne pas intervenir. « L’armée israélienne est en train d’agir contre des cibles iraniennes en Syrie. Toute implication syrienne contre cette action aura des conséquences extrêmement graves » a posté Avichay Adraee, porte-parole de Tsahal en langue arabe, sur Twitter.

La menace de Netanyahu à l ‘Iran

Le premier ministre Benjamin Netanyahu, qui ne cesse d’accuser l’Iran d’utilisation d’armes chimiques, une information fermement démentie par l’Agence Internationale de l’énergie Atomique mercredi 9 mai, a déclaré que l’Iran « vient de franchir la ligne rouge« . Il a affirmé qu’il « ne laissera pas l’Iran s’établir en Syrie » et qu’Israël est engagée dans une « bataille prolongée« . Des propos qui inquiètent les diplomates de Washington, alors que leur pays vient de sortir mardi 8 mai de l’accord nucléaire avec l’Iran.

Une période des plus troubles pour l’Iran, tenant compte de la rencontre mercredi entre Netanyahu et le président russe Vladmir Poutine pour discuter de « la stratégie iranienne de destruction de l’État d’Israël ». Une réunion dont le premier ministre israélien soutira l’accord de Poutine avec « l’exigence d’Israël de pouvoir opérer librement dans le ciel syrien pour se défendre« . Une position qui n’en devient que plus claire en voyant l’intensité exceptionnelle de la riposte israélienne, avec une attaque au sol syrien d’une envergure qu’on ne voyait pas depuis le début de la guerre civile en 2011.

Naomi Barki