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L’ex dirigeant Carles Puigdemont a renoncé à redevenir président de la Catalogne. Son groupe présentera dans les prochains jours, devant le Parlement catalan, la candidature à la présidence de Quim Torra.

Après 5 mois de crises et incertitudes, la Catalogne voit une opportunité pour sortir du bloquage. L’ex dirigeant indépendantiste Carles Puidgemont, destitué par le gouvernement espagnol fin octobre 2017, a annoncé jeudi 10 mai que son groupe présentera dans les prochains jours, devant le Parlement catalan, la candidature à la présidence de Joaquim Torra i Pla. Plus connu comme Quim Torra, ce proche de M. Puigdemont, est le premier candidat à l’investiture présenté depuis les élections qui n’est ni en prison ni en « exil » ni poursuivi par la justice. L’ex dirigeant a remercié publiquement sur Twitter l’investissement du candidat:

“ Nous avons l’opportunité de déployer le mandat du 1er octobre et construire le pays de libertés et droits que des millions de personnes réclament. @QuimTorraiPla, je te remercie personellement pour l’effort et le sacrifice d’assumer ce poste dans des circonstances si extrêmes. ”

 

Le président du Parlement catalan Roger Torrent a effectué une ronde téléphonique pour proposer officiellement le candidat pour qu’un dirigeant catalan soit élu au plus vite. Le débat d’investiture de Quim Torra devrait obtenir le vote des 66 députés indépendantistes de droite et de gauche (sur 135) et bénéficier de l’abstention déjà annoncée des quatre députés séparatistes d’extrême gauche, CUP, échouant à être élu dès le premier tour, mais tentant d’obtenir la majorité simple en seconde votation.

Quim Torra, un indépendantiste convaincu

Quim Torra est avocat, éditeur et ancien dirigeant de l’association Òmnium Cultural qui œuvre pour la promotion de l’identité nationale de la Catalogne. Il avait déclaré en mars dernier depuis la tribune du Parlement: « La cause de la liberté de la Catalogne est une cause juste, la cause de l’indépendance de la Catalogne est une cause juste, la cause de la République catalane est une cause honorable ». Une déclaration d’intentions  qui devraient séduire la formation la plus radicale de l’indépendantisme. « Pas un instant nous ne pensons renoncer, pas même d’un millimètre, à défendre la justice, la légitimité et l’honorabilité de cette cause, au contraire », avait insisté le nouveau député régional, âgé de 55 ans.

Dans un message diffusé sur Twitter, il a rendu hommage à l’exilé Carles Puigdemont en le présentant comme « le président légitime » de la région. Reste à savoir si la présente évolution de la situation aboutira à une reprise des relations entre Madrid et Barcelone. Jeudi matin, Mariano Rajoy a assuré lors d’une interview télévisée sur Antena 3 qu’une fois un gouvernement catalan formé, il commencera « un processus de dialogue, sans autre limite que le respect de la loi ».

Naomi Barki