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Cette 18ème journée de grève est à retenir ce lundi 14 mai 2018. Alors que de nombreux trains restent à quai, les cheminots sont appelés aux urnes pour le « vot’action ».

« Sans trains et sans cheminots ». Voilà la promesse des syndicats pour cette 18ème journée de grève en ce lundi 14 mai 2018. Au niveau des perturbations, on observe un TGV, TER ou Transilien sur trois et un Intercités sur cinq. La SNCF a noté « un sursaut de mobilisation » selon l’AFP. Le trafic sera donc évidemment très touché, avec des situations contrastées selon les régions.

Un coup de fouet à une grève qui s’essouffle

Afin d’avoir une idée du taux de grévistes, il faudra attendre la mi-journée. En effet seule un nombre limité de cheminots, qui sont directement impliqués dans la circulation de trains, doivent se déclarer 48 heures à l’avance. Pour rappel, le taux de grévistes était de 14,46% dans la matinée du mercredi 9 mai 2018. C’es tout simplement la mobilisation la plus faible depuis le début du mouvement le 3 avril (33,9% ce jour-là).

La tension monte entre la direction de la SNCF et les syndicats. En effet les nombreuses actions « coup de poing » dans les gares parisiennes, comme celle de SUD-rail notamment, ont fait parler. La SNCF avait fustigé dimanche 13 mai 2018 des « menaces d’exactions et blocages » et promis « une grande fermeté » selon l’AFP. L’Union nationale des syndicats autonomes (Unsa) avait jugé vital de frapper un grand coup ce lundi, après sa rencontre avec la ministre des Transports Élisabeth Borne vendredi 11 mai 2018.

147 000 cheminots aux urnes

La consultation appelée « vot’action » s’est ouverte ce lundi 14 mai 2018 à 10 heures, jusqu’au 21 mai à 10 heures. Les syndicats CGT-cheminots, CFDT-cheminots, SUD-rail et Unsa-ferroviaire sont derrière ce passage aux urnes. « Pour ou contre le pacte ferroviaire porté par le gouvernement », voilà la question à laquelle chaque employé est à amener à répondre. Des urnes seront installées dans les assemblées générales, tandis que d’autres seront « nomades ». Les listes seront détruites après le vote, afin d’éviter que les noms des votants remontent vers la direction.

Une privatisation en ligne de mire ?

SUD-rail a lancé un pavé dans la mare en accusant, dimanche 13 mai 2018, Guillaume Pepy de vouloir privatiser la SNCF. Le syndicat s’appuierait sur un compte-rendu de réunion. Le Président-directeur général de l’entreprise a été même appelé à démissionner.

Élisabeth Borne, ministre des Transports, a tenté d’éteindre le feu en promettant que la privatisation n’aura jamais lieu :

Le projet de réforme ferroviaire a été adopté par l’Assemblée générale en première lecture, et sera à l’ordre du jour au Sénat en commission le 23 mai 2018, et en hémicycle le 29 mai. De plus, il y aura une rencontre entre ces deux échéances, avec le Premier ministre Édouard Philippe et la totalité des acteurs du mouvement.

Wallid Addigue