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A l’heure du 70e anniversaire de la création de l’Etat d’Israël, les Etats-Unis ont inauguré aujourd’hui leur ambassade à Jérusalem dans un climat tendu. Une promesse faite le 6 décembre par le président Donald Trump.

C’était une décision qui avait suscité de nombreuses réactions dans le monde. Le 6 décembre 2017, Donald Trump, président des Etats-Unis, avait annoncé le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. Il l’a dit, il l’a fait.

Ce lundi 14 mai, en présence de l’ambassadeur américain en Israël David M. Friedman, le secrétaire d’Etat adjoint des Etats-Unis John J. Sullivan a prononcé un discours, avant la diffusion d’un message vidéo du président des Etats-Unis Donald Trump. Le secrétaire du Trésor américain Steven Mnuchin et Ivanka Trump, la fille du président américain, ont inauguré la plaque indiquant officiellement l’emplacement de l’ambassade américaine.

Le président américain Donald Trump, absent à la cérémonie, a félicité sur Twitter l’Etat d’Israël pour l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem, quelques minutes après le dévoilement de la plaque indiquant l’emplacement de la représentation diplomatique américaine. «Un grand jour pour Israël. Bravo !», a-t-il commenté.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a remercié le président américain Donald Trump qui a, selon lui, «fait l’histoire».

Une décision toujours contesté

Des 193 pays composant l’Assemblée générale de l’ONU, 128 ont condamné la décision américaine, dont les alliés des Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni. Le ministre français des Affaire étrangères Jean-Yves Le Drian a fait savoir ce 14 mai qu’il désapprouvait la décision américaine de déplacer l’ambassade des Etats-Unis de Tel Aviv à Jérusalem.

En parallèle, le Paraguay, en accord avec les décisions du président américain, envisage à son tour de transférer son ambassade à Jérusalem. Le Guatemala, lui, a fixé l’inauguration de son ambassade au 16 mai.

Une inauguration sous tension

Depuis le 30 mars, Gaza est le théâtre du mouvement de protestation de la « Grande Marche ». Ce mouvement marque l’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens lors de la création d’Israël.

Des milliers de Palestiniens ont manifesté le long de la frontière avec Israël contre ce transfert. Des affrontements ont éclaté entre Palestiniens et soldats israéliens faisant 54 morts parmi les Palestiniens et plus de 9000 blessés.

Le porte-parole du gouvernement turc, Bekir Bozdag a critiqué les Etats-Unis et Israël d’être « responsables de ce massacre ».

Jerusalem, une question très sensible

Le statut de Jérusalem est l’une des questions les plus épineuses de l’insoluble conflit israélo-palestinien. Le conflit remonte dans les années 50 quand les Nations Unies ont proposé la création de deux Etats, l’un juif et l’autre arabe.

En 1967, Israël a saisi par les armes la Cisjordanie et Jérusalem-Est, alors sous contrôle de la Jordanie. Il a depuis annexé Jérusalem-Est, site de lieux saints révérés par les chrétiens, les juifs et les musulmans. Son armée continue à occuper la Cisjordanie.

Maxime Lavandier