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L’auteur de l’attentat au couteau, samedi soir à Paris était fiché « S » et inscrit au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation islamiste (FSPRT). Mais alors que signifie un Fichier S et le FSPRT ? 

La fiche S refait parler d’elle. S comme sûreté de l’Etat. L’homme qui a tué un passant et blessé quatre autres passants s’appelle Khmazat Azimov. Depuis 2016, le jeune homme de 21 ans faisait l’objet d’une fiche S (pour « sûreté de l’État ») et était inscrit aussi au FSPRT, le fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation islamiste.

La fiche S : un outil de surveillance

En France, une fiche « S » est une fiche de renseignement, qui permet de suivre la personne. Cette personne présente une menace potentielle pour la sécurité nationale. Un peu plus de 20.000 noms y figurent. Qui figure dans le fichier S ? Des individus radicalisés ( ils représentent près de la moitié du fichier) mais on y trouve aussi des militants : des zadistes, opposants politiques: des identitaires, des black blocs… Le fichier est divisé en 16 sous-catégories : de S1 à S16. Cette répartition se fait en fonction du type de personnes fichées et aux mesures afférentes (vérifier l’identité, fouiller la voiture, relever l’identité des personnes présentes avec l’individu…).

L’ancêtre de la fiche S est une des nombreuses catégories d’un fichier créé en 1969, le fichier des personnes recherchées (FPR). Celui-ci compte une vingtaine de catégories comme par exemple :

•« E » (police générale des étrangers)

•« IT » (interdiction du territoire)

•« R » (opposition à résidence en France)

•« TE » (opposition à l’entrée en France)

•« AL » (aliénés)

•« M » (mineurs fugueurs)

•« V » (évadés)

•« S » (sûreté de l’État)

•« J » et « PJ » (recherches de police judiciaire)

•« T » (débiteurs envers le Trésor)

Le FSPRT, ce fichier moins connu du grand public

Depuis février 2018, un pointage a été fait par le gouvernement : 19 745 personnes seraient inscrite dans le FSPRT (le fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation islamiste). Le fichier a été créé par décret en mars 2015, deux mois après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher. Son but : recenser les individus exclusivement identifiés comme des radicaux religieux. Il est alimenté grâce aux informations provenant des services de renseignement, des préfectures et grâce aux signalements fait par des particuliers auprès du Centre national d’assistance et de prévention de la radicalisation. Le fichier contient plusieurs éléments sur les personnes repérées : leur identité, leur localisation, leur situation judiciaire et leurs éventuels liens avec d’autres personnes radicalisées. Les informations sont mises à jour régulièrement.

Deux fichiers distincts donc mais dont l’attaquant Khmazat Azimov faisait parti. Dès l’an prochain, le terme « Fiche S » fera son apparition dans les colonnes du Petit Robert.

Alice Grisol