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Elle n’a pas vu de gynécologue depuis plus de 20 ans

« Isabelle », 74 ans est en prison depuis 1985, aujourd’hui elle demande une grâce présidentielle, la seule solution selon son avocate.

Elle aura passé plus de la moitié de sa vie en prison. « Isabelle » (prête-nom) antillaise de 74 ans, a cumulé plus de 40 ans derrière les barreaux. Aujourd’hui « Elle a été traumatisée par la détention. Elle est trop fragile pour ça » explique son avocat Me Bianchi. La grâce présidentielle est aujourd’hui la seule solution« Nous sommes dans une impasse juridique. J’ai beau chercher, je n’ai pas d’autre solution » explique son avocate.

Un vide juridique 

Condamnée une première fois en 1973, elle restera 7 ans dans une prison des Antilles, 5 ans plus tard, elle est à nouveau condamnée (pour meurtre, Ndlr), cette fois à perpétuité. Elle passera 10 ans de détention à Rennes (seule ville avec une prison pour femmes à l’époque) avant d’être redirigé en hôpital psychiatrique.

source : François Vercelletto, Prison pour femmes de Rennes

Aujourd’hui son dossier constitue un vide juridique car il est coincé entre les ministères de la santé et de la Justice. Me Bianchie rappelle d’ailleurs que « les personnes condamnées à la perpétuité sortent en général au bout de 20 ou 25 ans si elles ne sont plus jugées dangereuses ». « Isabelle » ne cherche pas à sortir de prison selon son avocate, mais simplement à ce que la tutelle de la justice lui soit retirée : « Elle ne peut pas aller au marché, s’acheter quelques vêtements ou voir la mer. Elle n’a pas le droit au téléphone. Et surtout, elle ne peut pas aller à l’hôpital » alors qu’elle n’est plus en prison mais en hôpital psychiatrique.

Ce recours auprès d’Emmanuel Macron serait l’ultime tentative selon Me Bianchi qui avait déjà fait plusieurs demandes infructueuses auprès de François Hollande. Sa situation n’est pas sans rappeler celle de Patrick Henry détenue pendant 40 ans et mort 3 mois après sa sortie le 3 décembre dernier.

source : faitsdivers.org

 

Paul Biloquet