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Une nouvelle fusillade a éclaté vendredi 18 mai dans un lycée de Santa Fe au Texas. Le tireur présumé, Dimitrios Pagourtzis a ouvert le feu faisant au moins 10 morts et 10 blessés avant d’être arrêté.

« Une fois de plus, le Texas a vu le visage du diable ». C’est ainsi que le sénateur républicain Ted Cruz a réagi après le nouveau drame qui a touché le Texas hier. Un jeune homme de 17 ans a ouvert le feu dans son lycée. Bilan : dix morts et plusieurs blessés, dont deux grièvement.

Que s’est-il passé ?

Les coups de feu ont retenti ce vendredi matin dans un lycée de Santa Fe, une petite ville texane de 12 000 habitants au sud-est de Houston. Alors que les cours venaient de commencer, dans ce lycée public qui accueille 1400 élèves.

Le tireur était vêtu d’un long manteau noir cachant un fusil et un revolver, quand il est entré dans une salle de classe d’arts plastiques. Les premiers coups de feu ont été tirés vers 8 heures. Après avoir entendu la sirène d’alarme, les lycéens se sont précipités à l’extérieur du bâtiment. C’est là que le tireur a décidé de décharger son arme.

Les unités de police interviennent alors que l’adolescent, élève du lycée, tire à vue. Neuf élèves et un professeur succombent. Trois policiers ont échangé des coups de feu avec le tireur avant que celui-ci ne soit arrêté. Il s’agit de Dimitrios Pagourtzis, un adolescent âgé de 17 ans. Un second suspect, qui pourrait être un complice, a été interpellé et une troisième personne, en lien potentiel avec la fusillade doit être interrogée. En sécurisant les lieux, les forces de police font une découverte inquiétante : des explosifs sont présents dans et autour du lycée.

« Born to kill »

Adolescent solitaire et fasciné par les armes, le portrait qui se dresse de l’auteur présumé de cette fusillade est presque tristement banal. Sur ses pages Facebook et Instagram, depuis mises hors-ligne, le suspect avait publié fin avril des photographies inquiétantes d’un pistolet, d’un couteau, d’un uniforme nazi ainsi que d’un t-shirt « Born to kill » (« né pour tuer »). Sur Instagram, il suivait une demi-douzaine de comptes dédiés aux armes à feu.

Selon des témoignages recueillis par les médias américains, le suspect portait ce t-shirt lors de la fusillade ainsi que son manteau qu’il aimait décorer avec des symboles nazis et communistes : une croix de fer noire et une médaille militaire, symbole, selon lui, de « courage » ainsi que d’une faucille et d’un marteau représentant « la rébellion ».

Selon le gouverneur texan Greg Abbott, il s’agit des « seuls signes avant-coureurs » car contrairement à Nikolas Cruz et la fusillade à Parkland, en Floride, Dimitrios Pagourtzis n’était pas connu des autorités.

Le jeune homme de 17 ans n’avait pas de casier judiciaire et n’avait jamais eu de problème avec les forces de l’ordre. Inscrit depuis 2015 à Santa Fe, membre de l’équipe de football américain du lycée, inscrit au tableau d’honneur, impliqué avec sa famille dans l’Eglise orthodoxe grecque de la ville… Pour de nombreux témoins, les actes du jeune homme restent incompréhensibles. Il a pourtant clairement programmé son passage à l’acte. « Il voulait non seulement perpétrer cette fusillade mais aussi se suicider ensuite », a expliqué le gouverneur de l’Etat, Greg Abbott.

D’après les premiers éléments de l’enquête, révélés par le gouverneur du Texas, le jeune tireur a récupéré un fusil à pompe et un revolver appartenant légalement à son père. L’adolescent aurait également choisi ses cibles et même sciemment épargné certains camarades. selon Buzzfeed,  Dimitrios Pagourtzis aurait laissé entendre dans un procès-verbal transmis au tribunal, « qu’il n’avait pas tiré sur les étudiants qu’il aimait bien afin qu’ils puissent raconter son histoire ».

La police a également découvert « des engins explosifs » au domicile du suspect et dans son véhicule. Dans un tweet, le district scolaire de Santa Fe a fait savoir que de « possibles engins explosifs avaient été localisés » au lycée et aux alentours.

« Cela dure depuis trop longtemps » pour Donald Trump

Suite à la fusillade, le président américain a rapidement réagi sur Twitter avant de prendre la parole et d’exprimer sa profonde tristesse » après cette « attaque horrible » tout en assurant que « son administration ferait tout ce qui est en son pouvoir afin de protéger les étudiants ».

Depuis janvier 2009, le Texas a été le théâtre d’au moins 20 fusillades ayant fait au moins quatre morts, assaillant exclu, selon l’organisation Everytown for Gun Safety, soit un record national. Selon Gun Violence Archive, on compte déjà 100 tueries de masse pour l’année en cours.

Cette énième fusillade met à mal la crédibilité de Donald Trump quant aux armes à feu. Après avoir affiché sa volonté de braver la NRA, le lobby des armes à feu, le président américain avait retourné sa veste et prôné l’armement des enseignants.

Un débat stérile

ll y a seulement trois mois, 17 personnes décédaient ainsi sous les balles d’un tireur de 19 ans dans un lycée de Parkland, en Floride. Un massacre qui avait déclenché une mobilisation nationale pour demander notamment de limiter l’accès aux armes à feu.

Emma Gonzalez, l’égérie anti-arme et meneuse du mouvement, a rapidement réagi. « Vous ne méritez pas ça. Vous méritez d’être en paix toute votre vie, pas seulement une fois qu’une épitaphe le dit sur votre tombe » écrit-elle. 

Emma Gonzalez et ses camarades à l’origine de la marche organisée à Washington fin mars, insistent sur le fait qu’ils ne veulent pas s’en prendre au sacro-saint deuxième amendement de la Constitution, qui garantit aux Américains le droit de posséder une arme.

Leur but étant de rendre l’accès aux armes moins facile. Ils devront certainement une nouvelle fois se heurter à l’argument favori de la NRA, celle du «good guy armé» qui doit neutraliser le «bad guy armé».

D’après un décompte de CNN, il s’agit de la 22e fusillade à s’être déroulée dans une école américaine depuis le début de l’année.

Alexis Duceau