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Nicolas Maduro a été réélu président du Venezuela ce dimanche 20 mai 2018. Mais cette élection reste contestée par l’opposition. 

Il y a un an, personne n’aurait misé sur Nicolas Maduro. En effet le pays traversait un chemin semé d’embûches, avec une crise économique majeure due à la chute des cours de brut depuis 2014. En effet, 96% des revenus du Venezuela sont tirés du pétrole. 3 vénézuéliens sur 4 déplorent la gestion économique du pays de Nicolas Maduro. Alors comment ce dernier, adoubé par l’ancien président Hugo Chavez (1999-2003), va pouvoir continuer à mener la « révolution bolivarienne » de son prédécesseur ?

C’est grâce à un système électoral verrouillé que le président du Venezuela a pu s’offrir une victoire aisée. Avec des opposants assignés à résidence, Maduro a érigé le 30 juillet 2017 une Assemblée constituante composée uniquement de chavistes. Sa victoire avec 67,7% des voix n’est donc pas une surprise, comme l’abstention historique qui se chiffre à 46%. En effet de nombreux partis de l’opposition ont appelé cette abstention. Tous sauf le parti Avancée progressiste de Henri Falcón, qui a évidemment rejeté ce résultat, et qui a récolté quant à lui 21,2% des voix. D’après des propos recueillis par l’AFP, Nicolas Maduro n’a pu que se réjouir de sa victoire : « Jamais auparavant un candidat présidentiel n’avait gagné avec 68% des voix du peuple, et jamais auparavant il n’avait 47 points d’avance sur le second candidat ».

Somos Venezuela

Le peuple est au centre de l’attention, à cause de certaines tentes rouges. C’est le mouvement « Somos Venezuela » (« Nous sommes Venezuela »), le nouveau parti du président, qui est derrière tout cela. À proximité des bureaux de vote, ils accueillent les citoyens juste après leur vote. En effet des aides sociales sont promises via ce qu’on appelle le carnet de la patrie (une sorte de carte de membre)… Toutefois d’autres citoyens ont repris les manifestations qui ont fait déjà 125 morts depuis 4 mois. Aussi bien au Venezuela qu’ailleurs dans le monde.

Déjà sanctionné de nombreuses fois par la communauté internationale, Nicolas Maduro reste évidemment condamné par celle-ci. L’Union Européenne, les États-Unis ou encore le groupe de Lima, qui est une alliance de 14 nations d’Amérique et des Caraïbes, rejettent cette élection. Pourtant, cela n’empêche pas la révolution bolivarienne, initiée par Hugo Chavez, d’exister encore.

Wallid Addigue