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La nouvelle saison de « 13 reasons why » est sortie depuis le 18 mai. Une deuxième partie superflue pour une série qui aura tout tenté. 

Un produit qui marche court le risque d’être commercialisé, et c’est bien là que réside le problème de la deuxième saison de « 13 reasons why« . Si les différentes problématiques se voient approfondies (un sexisme inhérent à notre société, une victime rendue coupable par la justice et l’opinion publique, une prise de responsabilité inexistante de la part des adultes), le message se voit éclipsé par des histoires parallèles qui loin d’apporter quelque chose à l’histoire, embrouillent et font perdre le fond du message.

La première partie introduisait la vie au Liberty Highs, établissement ou Hannah Baker (Jessica Langford), entre autres personnages, subissait harcèlement et abus de la part de ses camarades. Les cassettes laissées par la jeune fille pour expliquer les 13 raisons qui l’avaient poussé à commettre l’irréparable étaient la seule version qu’on connaissait de l’histoire, et cette nouvelle saison nous apprend de nouveaux détails racontés par ses protagonistes.

Depuis le début, la série a été accusée de montrer le suicide comme une sorte de vengeance, une manière de faire payer les harcelleurs, ce qui le rendrait presque attrayant pour les jeunes générations. La santé mentale du personnage était aussi mise en doute pour présenter de forts problèmes d’anxiété et d’autres troubles psychologiques qui auraient pu mener Hannah Baker à la dépression. Une représentation critiquée donc pour le manque d’informations suffisantes qui puissent éclairer la condition psychologique du personnage. Quelques raisons qui ont alarmé les psychologues, déconseillant le visionnage de la série à ceux qui vivent des circonstances similaires.

Mas ces critiques ne sont que le fruit d’un contenu presque trop réel. Fortement applaudie par le public, 13 reasons why est une série qui expose les lacunes d’un système bien trop loyal à un protocole obsolète et inneficace et pose, fondamentalement, deux questions: de quelle manière le système laisse passer les cas d’abus et de harcèlement au sein d’une école, et quel est le moyen de protéger les mineurs?

Avec une fin qui augurerait le déroulement d’une troisième partie, il est triste qu’une série au message aussi important soit commercialisée de cette façon.

Naomi Barki