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La nouvelle coqueluche du rap français vient de sortir son premier album « Bendero ». Un rappeur au parcours tortueux qui se dévoile entièrement dans ce projet.

« Moha La Squale » de son vrai nom Mohamed Bellahmed, est un Français d’origine Algérienne (il consacre une musique à ses origines : 5 juillet 1962) de 22 ans qui a grandi dans le XXème arrondissement de Paris. Le garçon revendique fièrement son quartier d’origine avec des titres tels que « Bienvenue à la Banane » ou « rue Duris ». Son quartier qui aurait aussi pu être un piège pour lui. En effet, dès l’âge de 13 ans il commence à vendre de la drogue « j’étais tout petit j’vendais du shit », à être confronté à la police « les bleus m’ont balayé » et fini à Fleury-Merogis à seulement 18 ans. C’est alors que tout bascule pour Mohamed. Après avoir purgé sa peine, un réalisateur Belge tombe sur un clip où il était figurant et l’emmène avec lui à Bruxelles afin de réaliser un court métrage. Après cela, il intègre le cours Florent, célèbre école de théâtre, puis finalement décide de se lancer dans la musique.

Un album très personnel

Un écriture « brutale » mais vraie qui fait vivre le passé du jeune homme à travers une voix remplie d’envie et de volonté de réussir, que l’on retrouve notamment dans le morceau « Tourner ». Egalement une volonté d’y arriver seul (on ne retrouve pas de collaboration dans l’album) que l’on ressent particulièrement dans le morceau « j’me rappelle papa » où il explique que son père quitte le foyer lorsqu’il avait 8 ans et qu’il a dû se débrouiller « avec les moyens du bord ». Dans la deuxième chanson de l’album « Bendero », il raconte son parcours tel un narrateur extérieur en utilisant la 3ème personne du singulier. On sent qu’il essaye de dédouaner le jeune Mohamed de toutes les fautes commises par le passé en expliquant que rien n’était voulu, mais que tout était subi.

qui retrace aussi son parcours

« A Fleury j’ai fané, à Florent j’ai fini ». Une phrase qui résume bien une trajectoire aussi atypique qu’intrigante. « Bendero c’est pas un rigolo, à 13 ans il picolait, à 13 ans il quitte l’école ».
La pochette de l’album donne une facette de l’univers dans lequel il a grandi, celle-ci faisant référence au « livre de la jungle ». On y voit un petit garçon dans la jungle, lisant un livre intitulé « Bendero » à côté d’un coffre rempli d’or et entouré de regards malveillants. Symbole de cette jungle dont il a réussi à s’échapper mais qui pourrait le reprendre au moindre faux pas. L’album se conclut sur le morceau « j’étais pas prêt » dans lequel il explique avec soulagement tout ce qu’il a parcouru pour en arriver là.

Un album autour de lui mais aussi des siens

Outre le morceau adressé à son père, les musiques « Il le fallait », « Luna » et « Snow » parlent respectivement de sa mère, de sa petite amie et de son ancien codétenu. Une chanson pour sa mère, lui rendant hommage pour tous les sacrifices qu’elle a fait pour ses enfants « c’est bien maman qui faisait le marché, papa je me souviens que tu n’achetais même pas le pain ». D’ailleurs, les deux chansons sur ses parents sont à la suite l’une de l’autre dans la « tracklist » pour mieux imprégner son public du contraste de l’un et l’autre. Luna, sa petite amie revient régulièrement dans ses textes. Dans le titre « c’est la ure» il dit « c’est dans la rue que j’ai rencontré Luna », comme si tout était prédestiné depuis cette fameuse rue Duris, la rue où tout a commencé.

Un album plein de ressources et de hargne écrit de manière très directe qui ne laisse pas insensible et qui permet d’en découvrir un peu plus sur ce mystérieux personnage.