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Chaque jour, et ce jusqu’au 14 Juin, date du coup d’envoi de la Coupe du Monde en Russie, nous vous proposons de (re)découvrir toutes les finales de cette compétition. Aujourd’hui, nous vous emmenons en Suède. Après les déceptions de 1950 et de 1954, le Brésil tient enfin sa première étoile, grâce à un jeune homme de 17 ans répondant au surnom de Pelé.

Contexte

Après la Suisse en 1954, c’est au tour d’un autre pays européen, la Suède, d’accueillir la compétition en 1958. La Coupe du monde est orpheline de son créateur français Jules Rimet, décédé deux ans plus tôt à l’âge de 83 ans.

Cette 6ème Coupe du Monde enregistre un nombre record de pays participants (55, phase de qualification comprise). Les tours de qualification réservent leur lot de surprises. En effet, la Belgique, les Pays-Bas, la Suisse, l’Espagne ainsi que l’Uruguay et l’Italie, ne sont pas du voyage.

Le premier tour de la phase finale permet donc au public de découvrir d’autres nations de football, telles que le Pays de Galles, l’Irlande du Nord, l’URSS ou la Suède. C’est d’ailleurs la seule Coupe du monde où les quatre territoires du Royaume-Uni (Pays de Galles, Irlande du Nord, Angleterre et Écosse) sont présents.

Après deux déceptions consécutives en 1950 et 1954, les Brésiliens sont prêts à rectifier le tir. Ils terminent en tête de leur groupe, très serré, où ils se défont de l’Autriche (3-0) et de l’URSS (2-0) et tiennent en échec l’Angleterre (0-0). C’est le premier 0-0 de l’histoire du Mondial.

Pour la première fois, la Coupe du Monde de la FIFA est retransmise par les télévisions du monde entier. Il n’a pas encore 18 ans, mais Edson Arantes do Nascimento, plus connu sous le nom de Pelé, va crever l’écran et entrer dans l’histoire de la Coupe du monde.

La dream team brésilienne de 1958 posant avant la finale face à la Suède

Une star est née ! En quart de finale contre le Pays de Galles, la Seleção piétine pendant une heure jusqu’à l’éclair de génie du jeune brésilien. En demi-finale, Pelé continue sur sa lancée et écrase l’équipe de France, incapable de contenir une telle machine à buts.

Le Brésil passe (5-2). La France terminera tout de même troisième après une victoire remplie de symboles face à la RFA et se consolera avec le record de 13 buts de Just Fontaine sur une seule Coupe du monde, toujours inégalé.

La finale

Une fois encore, le Brésil parvient en finale. Cette fois-ci, il affronte la Suède, pays hôte dont la présence en finale relève de l’exploit, l’équipe ayant été construite de toutes pièces pour cette compétition.

En effet, de longs débats ont eu lieu peu avant le début de l’épreuve sur l’opportunité de sélectionner les professionnels évoluant dans le championnat italien. Les Suédois s’avèrent une équipe solide et bien organisée et ils battent les Allemands, champions du monde en titre, en demi-finale (3-1).

Jusqu’en 1950, le Brésil évoluait en blanc. Après la terrible défaite contre l’Uruguay, en finale de la Coupe du monde, le maillot jaune associé à un short bleu et des chaussettes blanches est adopté. Problème : la Suède, pays hôte… évolue en tunique jaune et short bleu.

Pas question de ressortir les maillots blancs maudits. Une opération-shopping est organisée dans le centre-ville de Stockholm : les joueurs choisissent finalement un maillot bleu. Les deux tenues deviendront des tuniques historiques.

Le bleu, couleur de la sainte patronne Notre Dame d’Aparecida et porte-bonheur du Brésil.

La finale oppose donc les « mercenaires » suédois aux « magiciens » brésiliens, ce sont les Nordiques qui tirent les premiers. Dès la quatrième minute, Nils Liedholm, alors au sommet avec le Milan AC, se joue de deux défenseurs avant de croiser sa frappe et de surprendre Gilmar.

Pour la première fois dans la compétition, les Brésiliens sont à la traîne et revoient le fantôme de 1950. Pas pour longtemps cependant : grâce aux buts de Zagallo et de Vava, les Brésiliens rentrent au vestiaire avec l’avantage au score.

La deuxième mi-temps va définitivement introniser le futur Roi du football. À la 55e minute, Pelé, alors frêle adolescent de 17 ans, permit au Brésil de prendre le large grâce à un but de légende. Il inscrira un second but en toute fin de match, portant le score à 5-2.

 

Le Brésil remporte donc brillamment sa première Coupe du Monde sur le score de 5-2. Après les larmes de 1950, c’est tout le Brésil qui retrouva le sourire ce jour-là, les joueurs brésiliens et Pelé en particulier, fondent en larmes.

La remise du trophée restera dans les annales. Au coup de sifflet final, le Roi Gustave Adolphe de Suède descend sur le terrain pour féliciter les Brésiliens. En guise de remerciement, les Brésiliens font un tour d’honneur après leur victoire en finale en portant le drapeau suédois en signe de fair-play vis-à-vis du public scandinave.

Le Président de la FIFA, Arthur Drewry, remet la statuette dorée au capitaine brésilien, Bellini. C’est le premier trophée non remis par le président historique de la FIFA, Jules Rimet. Bellini, le capitaine brésilien, inventera malgré lui « le geste » du triomphe absolu en levant au ciel le Graal après lequel le Brésil courait désespérément depuis 1930.

Bellini vient d’entrer dans la légende de la Coupe du monde… C’est la première fois qu’un capitaine exhibe vers le ciel la prestigieuse Coupe Jules Rimet en signe de triomphe. ©So Foot

 

Alexis Duceau et Jérémy César