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Chaque jour, et ce jusqu’au 14 Juin, date du coup d’envoi de la Coupe du Monde en Russie, nous retraçons l’historique de la plus prestigieuse des compétitions.  La 10ème édition a lieu en Allemagne de l’Ouest et c’est un nouveau triomphe pour la nation organisatrice. Ce mondial met en lumière les gros progrès du foot européen grâce à deux belles équipes : la RFA et les Pays-Bas.  Les deux équipes se retrouvent en finale et la RFA s’empare de la nouvelle Coupe du Monde de la FIFA.

Anecdotes

Cette dixième Coupe du Monde allemande de 1974 est marquée par l’arrivée de la télévision en couleur. Pour mettre cette révolution culturelle en évidence, le « Weltmeisterschaft 74 » présente deux autres nouveautés importantes.

La première est la modification des règles de l’épreuve. Le système du premier tour suivi par des matches à élimination directe est remplacé par un système de poule lors des deux phases.

La seconde est le remplacement de la coupe Jules Rimet – remportée définitivement par le Brésil, vainqueur à trois reprises en 1958, 1962 et 1970 – par une nouvelle statuette en or massif, appelée « Coupe du Monde de la FIFA », sculpté par Silvio Gazzaniga.

La nouvelle Coupe du monde mesure 36 cm de haut, pèse 4,970 kg et est fait d’or 18 carats. Sur le socle, qui contient deux couches on peut apposer 17 petites plaques portant le nom du pays vainqueur, ce qui laisse de la place jusqu’en 2038.

Un chef d’oeuvre qui restera désormais la possession de la FIFA, même si un pays vient à la remporter trois nouvelles fois. Chaque pays vainqueur repart donc avec une réplique en plaqué or.

A gauche l’ancienne coupe Jules Rimet, à droite la nouvelle statuette « Coupe du monde de la Fifa », en or massif. ©Eurosport

 

Parmi les nouveaux venus rescapés des poules de qualification, on remarque la présence de l’Allemagne de l’Est, de Haïti, de l’Australie et du Zaïre, premier pays d’Afrique sub-saharienne présent à ce stade de la compétition.

Mais la Hongrie, l’Espagne, la France et, plus étonnamment, l’Angleterre, ont raté le coche. En prélude à ce nouveau tournoi qui se veut avant-gardiste, la FIFA s’est choisie un nouveau président. Elle a élu le Brésilien João Havelange, premier non-européen à occuper ce poste.

le tournoi baigne dans l’atmosphère des seventies. La mode des cheveux longs bat son plein comme le rock, le disco et les pantalons pattes d’éléphant. La libération des moeurs est passée par là et beaucoup de joueurs présentent une capillarité très fournie. Il y a aussi un réel manque de professionnalisme, puisque les remplaçants du Zaire n’hésitent pas à se griller une cigarette sur le banc.

La Coupe du monde 1974, un mondial assurément rock’n roll. ©Le Point

 

Le Mondial

Peu de temps après les Jeux de Munich, l’Allemagne de l’Ouest est une nouvelle fois au centre du monde en recevant la dixième édition du Mondial, comme ce fut le cas pour le Mexique quatre ans plus tôt. Une aubaine pour la Mannschaft, championne d’Europe en titre, qui rêve de reconquérir la couronne chez elle vingt ans après la première.

Des dix éditions, celle de 1974 a souffert de la plus faible moyenne de buts inscrits. En 38 matches lors de cette dixième édition, 97 buts furent marqués, offrant une moyenne par match de 2,55 par rencontre.

Sur le terrain, l’Allemagne Fédérale, favorite, se qualifie sans convaincre pour le deuxième tour. On a même assisté à une petite révolution à la suite de sa défaite face à la RDA. Un but historique pour une victoire tout aussi forte et chargée de symboles.

Poignée de main historique. C’est la première fois depuis que l’Allemagne a été divisée, que RFA et RDA s’affrontent sur un terrain de foot. Ce sera aussi la dernière. ©Old School Panini

 

La Pologne impressionne aussi en terminant meilleure attaque du tournoi et troisième de ce mondial, en ayant éliminé l’Argentine de Kempes et l’Italie de Fabio Capello.

Mais l’attraction principale de la compétition est incontestablement l’équipe des Pays-Bas, menée par le triple Ballon d’or Johan Cruijff, qui apporte une nouvelle révolution dans le jeu.

Le monde du ballon rond découvre ainsi le football total qui consiste à ne pas cloisonner les différents postes. Chacun des joueurs participe aux tâches défensives et offensives, si bien que l’on voit certains défenseurs néerlandais ne pas hésiter à porter le danger sur le but adverse ou des attaquants tacler comme des stoppeurs. Ce système de jeu déchaînait les passions et exprimait même pour certains l’expression du football libertaire.

 

La finale

Cette stratégie, qui exige de la part des joueurs une condition physique irréprochable et une technique sans faille, n’a pas tardé à porter ses fruits.

Après 36 ans d’absence au plus haut niveau, les Pays-Bas se sont très vite imposés, dans l’esprit de tous les observateurs, comme les grands favoris de cette édition 1974 de la Coupe du Monde de la FIFA.

Au terme d’un deuxième tour parfaitement négocié, les Pays-Bas ont aisément décroché leur billet pour la finale. Faciles vainqueurs de l’Argentine (4:0), de la R.D.A. (2:0) et du Brésil (2:0), les Néerlandais n’ont plus encaissé le moindre but depuis trois matches avant cette finale.

De son côté, la RFA, pays hôte de la compétition, a fait preuve d’une belle efficacité pour dominer tour à tour la Suède (4:2), la Pologne (1:0) et la Yougoslavie (2:0). Toutefois, la défaite historique concédée face à la R.D.A au premier tour a laissé des traces et beaucoup doutent encore de sa capacité à franchir le dernier obstacle.

Le stade olympique de Berlin (76000 places) théâtre de la finale 1974. Il accueillera également la finale du Mondial 2006 en ayant fait peau neuve.

A seize heures tapantes, John Taylor, l’arbitre anglais de la rencontre, donne le coup d’envoi. A peine le dernier coup de sifflet a-t-il retenti… que le ballon se trouve déjà au fond des filets !

13 touches de balle exactement, avant que Johan Cruyff n’échappe balle au pied à la vigilance de son défenseur, en l’occurrence Berti Vogts. Le meneur de jeu néerlandais s’infiltre dans la surface de réparation allemande où il est déséquilibré par Uli Hoeneß. Penalty transformé par Neeskens.

On s’imagine que le sort de la rencontre est joué, mais petit à petit, les Néerlandais laissent de côté la stratégie pour sombrer dans une certaine facilité. Ils font tourner le ballon, afin de faire courir les Allemands et en « oublient » de marquer le second but. La sanction ne tarde pas. A la 26ème minute de jeu, Bernd Hölzenbein est bousculé par Wim Jansen en pleine surface de réparation. Paul Breitner ne se pose aucune question et transforme le penalty.

Avant la mi-temps, Gerd Müller « Der Bomber » effectue une magnifique reprise en pivot et marque le but de la victoire (2:1), qui se trouve également être la 100ème réalisation de l’Allemagne en Coupe du Monde de la FIFA. Les Néerlandais tenteront désespérément de revenir au score en seconde période, mais aucun autre but ne sera inscrit.

L’attaquant allemand avec ses 14 buts en deux éditions, restera le meilleur buteur de l’histoire de la Coupe du monde, jusqu’à un certain Ronaldo, lui même détrôné par un autre allemand Miroslav Klose.

Après l’Uruguay en 1930, l’Italie en 1934 et l’Angleterre en 1966, la R.F.A. est devenue la quatrième équipe à remporter le titre mondial devant son public. Elle devient également la première lauréate du nouveau Trophée de la Coupe du Monde de la FIFA.

Franz Beckenbauer soulève le nouveau trophée de la Coupe du monde de la FIFA. ©Eurosport

Alexis Duceau et Jérémy César