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Chaque jour, et ce jusqu’au 14 Juin, date du coup d’envoi de la Coupe du Monde en Russie, nous vous proposons de (re)découvrir toutes les finales de cette compétition. En 1982, l’Italie triomphe pour la 3ème fois et rejoint le Brésil au Palmarès des équipes les plus titrées.

Avant la Finale 

L’Italie, futur vainqueur, ne gagne aucun match. Elle fait trois matchs nuls, comme le Cameroun, nouveau venu de la compétition, mais le devance car elle a marqué plus de buts.La Pologne et l’Italie se qualifient pour le second tour, avant de se retrouver en demi-finale. L’Algérie, nouvelle venue, bat la RFA, future finaliste, sur le score de 2-1. Le reste des matchs du groupe donne ceci : une victoire et une défaite pour l’Algérie, deux victoires pour l’Autriche et une victoire allemande. Il reste le match RFA-Autriche à jouer. Si les Allemands gagnent de très peu, les deux équipes germaniques sont qualifiés aux dépens de l’Algérie, et c’est ce qui se produit : victoire 1-0 des Allemands lors d’un match quasi-muet, les deux équipes se contentèrent de passes inoffensives jusqu’à la fin de la partie. Devant un public médusé, ce spectacle de non-jeu entre deux nations sœurs fut retransmis sur les télévisions du monde entier. Cela donna lieu à de violentes polémiques et le match fut baptisé « match de la honte ». C’est depuis ce match qu’il a été décidé que les derniers matchs de poule d’un même groupe se jouent simultanément.

L’Allemagne fait match nul contre l’Angleterre et bat l’Espagne, l’Allemagne se qualifie trois ou quatre jours avant les autres demi-finalistes, ce qui aura une incidence sur la fatigue. L’Italie bat l’Argentine et le Brésil et se qualifie.

En Demi-finale l’Italie retrouve la Pologne, affaiblie par la suspension de son leader, Z. Boniek, en demi-finale, et cette fois-ci sort vainqueur par 2 buts à 0. L’Allemagne accède à la quatrième finale de son histoire en battant la France aux tirs au but lors d’un match épique qui s’est déroulé à Séville. Les Allemands ouvrent le score par Pierre Littbarski puis Michel Platini égalise. À la 57e minute, Schumacher, le gardien allemand, sort au-devant de Patrick Batiston et vient heurter de plein fouet le Français le blessant très gravement. Étant devant l’agression, Corver, pas plus que son assistant Geller, n’interviennent pour sanctionner cette agression. Au lieu de donner un carton rouge à Schumacher et un coup-franc pour la France, il siffle la remise en jeu pour la RFA. Cette décision est régulièrement citée comme une des pires décisions arbitrales jamais prises. Le Stéphanois perd trois dents sur le coup. Les Français ne se laissent pas abattre et repartent à l’attaque durant toute la seconde mi-temps. Ils tirent sur la transversale à l’ultime minute. Mais le score reste nul et entraîne une prolongation. Dès la 92e minute, Marius Trésor, sur reprise de volée, marque, suivi six minutes plus tard par Alain Giresse d’une frappe à l’extérieur de la surface (98e). À 3-1 avec vingt minutes à jouer, les spectateurs pensent que les Français tiennent leur finale. Mais Karl-Heinz Rummenigge, annoncé comme blessé au début du match qui venait d’entrer sur le terrain, réduit immédiatement l’écart (102e). Son but est entaché de deux fautes allemandes au début de la contre-attaque. Dès lors, la tendance s’inverse, les Allemands poussent et Klaus Fischer, d’un somptueux retourné acrobatique, égalise (108e). Plus rien ne sera marqué. Au bout de 120 minutes, le score est de 3-3, et la première séance de tirs au but de l’histoire de la Coupe du monde voit la qualification allemande après le tir raté de Maxime Bossis. Ce match restera dans les annales, tant du côté français que du côté allemand.

 

La finale : l’Italie rejoint le Brésil

Magnifique sur le plan du jeu, le Mondial espagnol accouche pourtant d’une finale entre deux équipes qui ont bâti leur succès sur leurs vertus athlétiques et défensives, davantage que sur un jeu aguichant, plutôt incarné lors de la compétition par la France et surtout le Brésil, deux magnifiques battus. Dans la moiteur de Santiago Bernabeu, l’Italie aborde l’ultime rencontre du tournoi avec le vent dans le dos et se sent des ailes après ses victoires sur l’Argentine, le Brésil et la Pologne. A l’inverse, la RFA a les jambes lourdes, trois jours seulement après l’invraisemblable combat de Séville, face aux Français.

Le premier acte, équilibré, est surtout marqué par le penalty manqué par Antonio Cabrini. La Squadra met une mi-temps pour comprendre que son intérêt est de porter le jeu vers l’avant. Physiquement au bord de la rupture, les Allemands vont imploser en un quart d’heure. L’inévitable Paolo Rossi ouvre la marque en opportuniste à la 56e minute. Dès lors, c’est l’hallali. 13 minutes plus tard, Scirea sert Tardelli en retrait. La frappe croisée de ce dernier méduse Schumacher. Deux buts de retard, la RFA a déjà remonté ce handicap contre la France. Mais les Italiens ne lâcheront rien. Un troisième but de Sandro Altobelli scelle définitivement le sort de la finale. Le but de Breitner ne console pas la bande à Juup Derwall. Métamorphosée par rapport à son début de tournoi, l’Italie triomphe et rejoint le Brésil au rang des triples vainqueurs.

 

Jérémy CESAR (@JrmyCsar) / Alexis DUCEAU