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L’Organisation des États Américains a décidé d’exclure le Venezuela suite à la demande de plusiers des membres après le résultat des élections présidentielles. Une décision sans précédent et qui suggère la direction que prendront les relations extérieures au sein du continent américain . 

La décision paraît irrévocable: 19 pays membres de l’Organisation des États américains (OEA) ont voté jeudi 7 juin 2018 en faveur d’une assemblée extraordinaire qui aurait pour but la suspension du Venezuela. L’OEA avait réuni les 35 pays membres pour analyser la crise politique que traverse le pays ainsi que l’insoutenable situation sociale. La résolution, qui n’a été contesté que par quatre votes et onze abstentions, marque un procès sans précédent; aucun pays n’est sorti de l’OEA depuis sa création au début des années 50.

Caracas avait déjà tenté d’abandonner l’organisation en 2017, dénonçant une persécution dirigée par les États-Unis de certains des membres pour renverser Nicolas Maduro. Mais la crise humanitaire que traverse le pays et la récente réélection du président le 20 mai 2018 pour un autre mandat de 7 ans ont fini par faire éclater la plupart des pays américains, qui ne reconnaissent pas la légitimité du gouvernement vénézuélien.

Deux ans pour tout changer

Le groupe Lima, une coalition de treize pays sudaméricains et Canada, a répondu à l’initiative des États-Unis, mais le processus n’est pas inmédiat. Le président de l’OEA Luis Almagro a donc décidé d’accorder au Venezuela un délai de deux ans, jusqu’à l’application de la résolution, pour ouvrir un canal humanitaire d’aliments et médicaments, libérer les prisonniers politiques et respecter le pouvoir législatif.

Le représentant des États-Unis auprès de l’OEA a déclaré être « heureux » du front américain pour qui la démocratie compte. « Nous ne reconnaîtrons pas les gouvernements illégitimes », a-t’il déclaré à l’assemblée après le vote. Le ministre des Affaires Extérieures Jorge Arreaza a bien sûr inmédiatement protesté contre la décision prise par l’OEA et clamé contre une « guerre économique » que les États-Unis mèneraient contre le gouvernement socialiste de Nicolas Maduro.

 

Naomi Barki