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Chaque jour, et ce jusqu’au 14 Juin, date du coup d’envoi de la Coupe du Monde en Russie, nous vous proposons de (re)découvrir toutes les finales du Mondial. Soixante-six ans après l’avoir organisé  l’Italie accueille de nouveau la plus belle des compétitions en 1990. Comme quatre ans auparavant au Mexique, la finale de la Coupe du Monde oppose l’Argentine à la RFA. Cette fois c’est l’Allemagne qui gagne.

Le tournoi

La Coupe du monde de football de 1990 est la quatorzième édition de la Coupe du monde de football. Elle se tient en Italie du 8 juin au 8 juillet 1990. L’Italie accueille la Coupe du monde pour la deuxième fois après celle de 1934. Cette édition 1990 se déroule alors que le pays est au sommet du football mondial.

Le palmarès des coupes d’Europe est exclusivement italien : le Milan AC gagne la Coupe des champions, la Sampdoria remporte la Coupe des coupes et la Juventus bat même un autre club italien, la Fiorentina, en finale de Coupe de l’UEFA. Bien organisée d’un point de vue logistique, la compétition reste pourtant l’une des plus tristes de l’histoire sur le plan sportif : jeu fermé défensif, voire violent.

Une finale à l’image du Mondial: fermée et agressive.

En 52 matches, il n’y a eu que très peu de buts marqués. En revanche il y’a eu 164 cartons jaunes et 16 cartons rouges. De plus, seulement deux des sept dernières rencontres (à partir des quarts de finale) se sont décidées sur un but marqué dans le jeu.

Cette Coupe du monde sera une déception : beaucoup de gestes antisportifs sur le terrain, du jeu défensif, des matches peu exaltants… Le jeu est si pauvre et désagréable que la Fifa et l’International Board (qui régit les règles du foot) vont réformer après ce Mondial certaines lois comme l’obligation au gardien de jouer au pied après la passe de l’un de ses coéquipiers.

Avec quatre séances (RFA-Angleterre, Italie-Argentine, Argentine-Yougoslavie et Eire-Roumanie), l’édition 1990 a été la Coupe du monde la plus prolifique en tirs au but.

Une Coupe du Monde de la FIFA terriblement décevante, avec trop de football défensif et ennuyeux et trop de matches gagnés aux tirs au but. La finale elle-même, entre la RFA et l’Argentine, est toujours considérée comme la plus ennuyeuse de l’histoire.

Premier tour

La compétition débuté pourtant d’une manière sensationnelle lorsque l’Argentine, tenante du titre, se fait surprendre par le Cameroun. L’Albiceleste, se qualifie de justesse pour les 8èmes de finale en terminant parmi les quatre meilleurs troisièmes.

De son côté la RFA a fait la loi en gagnant aisément ses matches face à la Yougoslavie et l’Emirates Arabes Unis. Emmenés par Beckenbauer, les Allemands passent sans encombres le premier tour et ce malgré un nul face à la Colombie (1-1).

La moitié des rencontres des huitièmes de finale sont allées en prolongations. Le derby sud-américain entre le Brésil et l’Argentine a tourné en faveur des Albiceleste. Ces derniers ont eu le dernier mot dans cette partie particulièrement cadenassé grâce à un but de Claudio Caniggia.

Enfin, la RFA s’est imposée difficilement face aux Pays-Bas (2-1). il y avait un match dans le match, avec la présence, côté allemand, de trois joueurs de l’Inter, et celle, côté hollandais, de trio joueurs du Milan AC. En plus, ironie du sort, le match s’est joué à San Siro, ce qui a pimenté la rivalité déjà importante entre ces deux nations.

En quarts de finale, l’Argentine a, une nouvelle fois, été très vernie. Opposés à la Yougoslavie, les champions du monde en titre ont joué en supériorité numérique pendant la majeure partie de la rencontre suite à l’expulsion de Sabanadzovic. Néanmoins, ce n’est qu’aux tirs au but qu’ils ont pu l’emporter (3-2).

La RFA, pour sa part, est passée encore une fois dans la douleur, au détriment de la Tchécoslovaquie. Les vice-champions du monde ont gagné 1 à 0, à la faveur d’un pénalty transformé par Lothar Matthaus.

Le choc des demi-finales mettait aux prises l’Italie, le pays hôte, à l’Argentine, le tenant du titre. Cette partie s’est jouée au stade San Paolo de Naples, le jardin de Diego Maradona. Les Napolitains sont déchirés entre Maradona et l’Italie, sur une banderole on peut lire  “Diego on t’adore mais on adore plus l’Italie, notre patrie”.

Il n’y a eu aucun but de marqué dans cette partie et en prolongations l’Argentine a vu Ricardo Giusti se faire expulser. Le match s’est joué aux tirs au but et c’est l’Albiceleste qui s’est montrée la plus habile à ce jeu-là.

L’autre demi-finale était 100% européenne et s’est jouée entre la RFA et l’Angleterre. Le scénario est le même: 1-1 après 90 minutes et des prolongations pendant lesquelles les 2 équipes se neutralisent, place donc à la séance de tirs au but, dont la RFA sortira gagnante.

La finale

L’affiche est semblable à celle de 1986. Hélas pour l’Argentine et Diego Maradona, la finale contre la RFA se joue à Rome et non plus à Naples. Le supporter italien est rancunier et tient à le montrer durant la séance des hymnes. Celui de l’Argentine est recouvert par une bronca générale, personnellement dédiée à la star du Napoli.

La finale est bien moins savoureuse. Après un parcours laborieux, souvent chanceux, les tenants du titre n’ont que leur hargne à opposer à la puissance allemande. Le match ennuyeux au possible à l’image de ce Mondial va se jouer sur un penalty litigieux. L’arbitre M.Codesal Mendez Roberto se fait abuser par Rudi Völler, à la 85e minute de jeu, qui s’écroule dans la surface adverse. Andreas Brehme transforme le penalty et offre le titre à son équipe.

Les Argentins termineront à neuf. Sifflé par Rome, Diego Maradona pleure à chaudes larmes. L’Allemagne tout entière est en liesse. En s’adjugeant son troisième titre mondial, l’Allemagne rejoint le Brésil et l’Italie au panthéon des grandes nations du football.

 

Lothar Matthäus tente de réconforter Diego Maradona. ©Le Point

Toujours aussi réaliste et bien organisée, la sélection allemande se hisse en finale pour la troisième fois d’affilée et remporte sa troisième Coupe du monde (après 1954 et 1974) en prenant sa revanche contre l’Argentine, alors que son pays vit la réunification.

Les Allemands fêtent le sacre sur le sol italien.

Alexis Duceau et Jérémy César